21 décembre
Tenir pour certain qu’en tout
lieu Dieu nous regarde.
(Règle de Saint Benoît 4,49)
(Règle de Saint Benoît 4,49)
La
Règle de Saint Benoît…
RB 64,7-22 (L'institution de l'abbé)
⁷L'abbé, une fois établi, pensera sans cesse à la nature du fardeau
qu'il a reçu, et à Celui à qui il devra rendre compte de son administration. ⁸Qu'il sache qu'il lui faut aider bien plus que régir. ⁹Il doit donc être docte
dans la loi divine, afin de savoir et d'avoir où puiser les leçons anciennes et
nouvelles. Qu'il soit chaste, sobre, miséricordieux ; ¹⁰que toujours il
préfère la miséricorde à la justice, afin d'obtenir pour lui-même un traitement
semblable. ¹¹Qu'il haïsse les vices, mais qu'il aime les frères. ¹²Dans la
correction même, il agira avec prudence et sans excès, de crainte qu'en voulant
trop racler la rouille, il ne brise le vase. ¹³Il aura toujours devant les
yeux sa propre faiblesse, et se souviendra qu'il ne faut pas broyer le roseau
déjà éclaté. ¹⁴Et par là nous n'entendons pas qu'il puisse laisser les vices
se fortifier, mais qu'il les détruise avec prudence et charité, en adaptant les
moyens à chaque caractère, comme nous l'avons déjà expliqué. ¹⁵Il s'efforcera
plus à se faire aimer qu'à se faire craindre. ¹⁶Qu'il ne soit ni turbulent, ni
inquiet; qu'il ne soit ni excessif, ni opiniâtre; qu'il ne soit ni jaloux, ni
trop soupçonneux; sinon, il n'aura jamais de repos. ¹⁷Dans ses commandements,
il sera prévoyant et circonspect. Dans les tâches qu'il distribuera, soit qu'il
s'agisse des choses de Dieu, soit de celles du monde, il se conduira avec
discernement et modération, ¹⁸et se rappellera la discrétion du saint
patriarche Jacob, qui disait: « Si je fatigue mes troupeaux en les faisant
trop marcher, ils périront tous en un jour. » ¹⁹Imitant donc cet exemple et d'autres
semblables de la discrétion, cette mère des vertus, qu'il tempère tellement
toutes choses que les forts désirent faire davantage et que les faibles ne se
dérobent pas. ²⁰Par-dessus tout, qu'il observe tous les points de la présente
Règle, ²¹afin qu'après avoir bien servi, il s'entende adresser par le Seigneur
cette parole au bon serviteur qui avait distribué le froment, en temps
opportun, à ses compagnons : ²²« En vérité je vous le dis, le Maître
l'établira sur tous ses biens. »
…
pour chaque jour
Ignace, appelé aussi Théophore, à Polycarpe, évêque de l'Église de
Smyrne, ou plutôt ayant lui-même pour évêque Dieu le Père et le Seigneur Jésus
Christ, à lui toute sorte de joie.
En approuvant les sentiments que tu as pour Dieu, fondés comme sur un roc inébranlable, je glorifie hautement le Seigneur parce qu'il m'a jugé digne de contempler ton visage irréprochable dont je souhaite pouvoir toujours profiter en Dieu. Je t'exhorte, par la grâce dont tu es revêtu, à accélérer ta course et à exhorter tous les frères pour qu'ils soient sauvés. Justifie ta fonction d'évêque par une parfaite sollicitude de chair et d'esprit; préoccupe-toi de l'unité, car il n'y a rien de meilleur. Supporte tous les frères, comme le Seigneur te supporte. Soutiens-les tous avec amour, comme d'ailleurs tu le fais. Adonne-toi sans relâche à la prière; demande à progresser dans la sagesse ; sois vigilant en gardant un esprit toujours en éveil. Parle à chacun en particulier, à la manière de Dieu. Porte les infirmités de tous, comme un athlète accompli. Là où il y a un plus grand labeur, il y a grand profit.
Si tu n'aimes que les bons disciples, tu ne mérites pas de reconnaissance. Ce sont surtout les plus atteints que tu dois soumettre par la douceur. Toutes les blessures ne se soignent pas par le même traitement. Calme les crises violentes par des ablutions. En toutes choses, sois adroit comme le serpent et candide comme la colombe. Si tu es à la fois charnel et spirituel, c'est pour traiter avec douceur le mal que tu vois ; quant au mal invisible, demande qu'il te soit manifesté pour que rien ne t'échappe et que tu puisses prodiguer tous les dons spirituels. Le moment présent a besoin de toi, comme le pilote attend le vent favorable et comme l'homme secoué par la tempête attend le port, pour rejoindre Dieu. Sois sobre, comme un athlète de Dieu ; la récompense, c'est l'immortalité et la vie éternelle : tu en es convaincu, toi aussi. À tous égards, je suis pour toi une victime expiatoire, dans ces liens que tu as aimés.
Ne te laisse pas effrayer par ceux qui, paraissant dignes de foi,
enseignent une autre doctrine. Tiens ferme, comme l'enclume sous le
marteau. C'est le fait d'un grand athlète que de vaincre sous les coups. C'est
pour Dieu surtout que nous devons tout endurer, afin que lui-même nous endure.
Accrois ton ardeur. Sache apprécier la différence des temps. Espère celui qui
est au-delà du temps, intemporel, invisible, mais qui s'est fait visible pour
nous ; impalpable, impassible mais qui s'est fait passible pour nous, et, qui a
enduré pour nous toute sorte de souffrances.
Que les veuves ne soient pas à l'abandon ; après le Seigneur, c'est à toi d'en prendre soin. Que rien ne se fasse sans ton avis, et toi non plus, ne fais rien sans Dieu ; c'est d'ailleurs ainsi que tu agis. Tiens bon. Que les réunions soient plus fréquentes : invite tous les frères nominativement. Ne méprise pas les esclaves, hommes ou femmes ; mais, de leur côté, qu'ils ne deviennent pas orgueilleux ; au contraire, qu'ils servent davantage, pour la gloire de Dieu, afin d'obtenir de Dieu une liberté plus haute. Qu'ils ne cherchent pas à se faire libérer aux frais de la communauté, pour ne pas devenir esclaves de leurs désirs.
En approuvant les sentiments que tu as pour Dieu, fondés comme sur un roc inébranlable, je glorifie hautement le Seigneur parce qu'il m'a jugé digne de contempler ton visage irréprochable dont je souhaite pouvoir toujours profiter en Dieu. Je t'exhorte, par la grâce dont tu es revêtu, à accélérer ta course et à exhorter tous les frères pour qu'ils soient sauvés. Justifie ta fonction d'évêque par une parfaite sollicitude de chair et d'esprit; préoccupe-toi de l'unité, car il n'y a rien de meilleur. Supporte tous les frères, comme le Seigneur te supporte. Soutiens-les tous avec amour, comme d'ailleurs tu le fais. Adonne-toi sans relâche à la prière; demande à progresser dans la sagesse ; sois vigilant en gardant un esprit toujours en éveil. Parle à chacun en particulier, à la manière de Dieu. Porte les infirmités de tous, comme un athlète accompli. Là où il y a un plus grand labeur, il y a grand profit.
Si tu n'aimes que les bons disciples, tu ne mérites pas de reconnaissance. Ce sont surtout les plus atteints que tu dois soumettre par la douceur. Toutes les blessures ne se soignent pas par le même traitement. Calme les crises violentes par des ablutions. En toutes choses, sois adroit comme le serpent et candide comme la colombe. Si tu es à la fois charnel et spirituel, c'est pour traiter avec douceur le mal que tu vois ; quant au mal invisible, demande qu'il te soit manifesté pour que rien ne t'échappe et que tu puisses prodiguer tous les dons spirituels. Le moment présent a besoin de toi, comme le pilote attend le vent favorable et comme l'homme secoué par la tempête attend le port, pour rejoindre Dieu. Sois sobre, comme un athlète de Dieu ; la récompense, c'est l'immortalité et la vie éternelle : tu en es convaincu, toi aussi. À tous égards, je suis pour toi une victime expiatoire, dans ces liens que tu as aimés.
Que les veuves ne soient pas à l'abandon ; après le Seigneur, c'est à toi d'en prendre soin. Que rien ne se fasse sans ton avis, et toi non plus, ne fais rien sans Dieu ; c'est d'ailleurs ainsi que tu agis. Tiens bon. Que les réunions soient plus fréquentes : invite tous les frères nominativement. Ne méprise pas les esclaves, hommes ou femmes ; mais, de leur côté, qu'ils ne deviennent pas orgueilleux ; au contraire, qu'ils servent davantage, pour la gloire de Dieu, afin d'obtenir de Dieu une liberté plus haute. Qu'ils ne cherchent pas à se faire libérer aux frais de la communauté, pour ne pas devenir esclaves de leurs désirs.
(SAINT IGNACE D’ANTIOCHE [°v.35 – 〸v.110], Lettre à Polycarpe)
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