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 9 février

Tu parviendras avec la protection de Dieu…
(Règle de Saint Benoît 73,9)



La Règle de Saint Benoît…

RB 7,62-70 (L'humilité)

⁶²Voici le douzième degré d'humilité: le moine non seulement possède cette vertu dans son cœur, mais encore la manifeste au dehors par son attitude. ⁶³À l'Œuvre de Dieu, à l'oratoire, dans le monastère, au jardin, en chemin, aux champs, qu'il soit assis, en marche ou debout, il aura toujours la tête inclinée, le regard fixé à terre ⁶⁴se sentant à toute heure chargé de ses péchés, il se voit déjà traduit devant le tribunal redoutable de Dieu, ⁶⁵et répète toujours dans son cœur ce que le publicain de l'Evangile disait, les yeux fixés à terre: « Seigneur, je ne suis pas digne, moi, pécheur, de lever les yeux vers le ciel »; ⁶⁶et encore avec le Prophète: « Je me tiens courbé et humilié de toute manière. » ⁶⁷Après avoir gravi tous ces degrés d'humilité, le moine parviendra bientôt à cet amour de Dieu, qui, devenu parfait, bannit la crainte. ⁶⁸Grâce à cet amour, il accomplira sans peine, comme naturellement et par habitude, ce qu'auparavant il n'observait qu'avec frayeur. ⁶⁹Il n'agira plus sous la menace de l'enfer, mais par amour du Christ, par l'accoutumance même du bien et par l'attrait des vertus. ⁷⁰Voilà ce que le Seigneur daignera manifester dans son serviteur, purifié de ses défauts et de ses péchés, grâce à l'Esprit-Saint.



… pour chaque jour

Si l'amour chasse parfaitement la crainte et si la crainte se transforme en amour, alors on découvre que l'unité consiste en cet aboutissement du salut : tous sont unis entre eux par l'adhésion à l'unique bien, au moyen de cette perfection que la colombe représente.
Car c'est le sens que nous tirons des paroles qui suivent dans le Cantique des cantiques, et que prononce le Bien-Aimé : Unique est ma colombe, unique ma parfaite ; elle est la fille unique de sa mère, la préférée de celle qui l’enfanta.
Mais le sens de ces paroles nous apparaît plus clairement dans le discours du Seigneur rapporté par l'Évangile. Par sa bénédiction, il a donné toute puissance à ses disciples ; puis, en priant son Père, il accorde les autres biens à ceux qui en sont dignes. Et il ajoute le principal de tous les biens : que les disciples ne soient plus divisés par la diversité de leurs préférences dans leur jugement sur le bien, mais qu'ils soient tous un par leur union au seul et unique bien. Ainsi, par l'unité du Saint-Esprit, comme dit l'Apôtre, étant attachés par le lien de la paix, ils deviennent tous un seul corps et un seul esprit, par l’unique espérance à laquelle ils ont été appelés.
Mais nous ferons mieux de citer littéralement les divines paroles de l'Évangile : Que tous, dit Jésus. soient un, comme toi, mon Père, tu es en moi, et moi en toi ; qu’eux-mêmes soient un en nous.
Or, le lien de cette unité, c'est la gloire. Que le Saint-Esprit soit appelé gloire, aucun de ceux qui examinent la question ne saurait y contredire, s'il considère ces paroles du Seigneur : La gloire que tu m'as donnée, je la leur ai donnée. Effectivement, il leur a donné cette gloire quand il leur a dit : Recevez le Saint-Esprit.
Cette gloire, qu'il possédait de tout temps, avant que le monde fût, le Christ l'a pourtant reçue lorsqu'il a revêtu la nature humaine. Et lorsque cette nature eut été glorifiée par l'Esprit, tout ce qui lui est apparenté a reçu communication de la gloire de l'Esprit, en commençant par les disciples. C'est pour cela que Jésus dit : La gloire que tu m'as donnée, je la leur ai donnée ; qu'ils soient un comme nous sommes un ; moi en eux et toi en moi, pour qu’ils soient parfaitement un.
Celui qui, de petit enfant, est parvenu en grandissant à la stature d'homme parfait, qui a rejoint la mesure de l'âge spirituel ; celui qui est devenu capable de recevoir la gloire de l'Esprit par sa maîtrise de soi et sa pureté : il est cette colombe parfaite que regarde l'Époux lorsqu'il dit : Unique est ma colombe, unique ma parfaite.
 

(SAINT GRÉGOIRE DE NYSSE [°v.335 – 〸v.395], Homélie sur le Cantique des Cantiques)









 25 septembre

Voyez comme le Seigneur lui-même, dans sa bonté,
nous montre le chemin de la vie.
(Règle de Saint Benoît – Prologue 20)



La Règle de Saint Benoît…

RB 7,1-4 (L'humilité)

¹La divine Écriture, mes frères, nous crie: « Quiconque s'élève sera humilié, et qui s'humilie sera élevé. » ²En parlant ainsi, elle nous montre que tout élèvement est une espèce d'orgueil ; ³et c'est ce dont le Prophète déclare se garder, lorsqu'il dit: « Seigneur, mon cœur ne s'est point élevé et mes yeux ne se sont point levés: je n'ai point marché dans les grandeurs ni dans des merveilles au-dessus de moi. » ⁴Mais que m'arriverait-il « si je n'avais pas eu d'humbles sentiments, si j'avais élevé mon âme? Tu me traiterais comme l'enfant qu'on enlève du sein de sa mère. »



… pour chaque jour

Il y a un temps pour enfanter, et un temps pour mourir, nous dit l'Ecclésiaste. Il a tout à fait raison de commencer son développement par cette association nécessaire, en rattachant la mort à la génération. En effet, la mort succède nécessairement à l'enfantement, et toute génération se désagrège dans la corruption.
Donc, il y a un temps pour enfanter et un temps pour mourir. Je voudrais bien qu'il soit possible d'enfanter au moment voulu et de mourir au bon moment ! Personne ne dira que l'Ecclésiaste nous montre cet enfantement comme délibéré, et la mort comme volontaire ; ainsi qu'une action bien dirigée par la vertu. Car l'enfantement ne dépend pas de la volonté de la femme, ni la mort, du libre choix des mourants. Personne n'a jamais qualifié de vertu ou de vice ce qui ne dépend pas de nous. Il s'impose donc de comprendre ce qu'est un enfantement au moment voulu et une mort au bon moment.
Il me semble qu'il y a un enfantement opportun et non prématuré lorsque, selon Isaïe, on a conçu par la crainte de Dieu et que, par les douleurs que l'âme éprouve dans l'enfantement, on a engendré son propre salut. Nous sommes en effet, pour ainsi dire, nos propres pères lorsque, par notre préférence pour le bien, nous nous sommes formés nous-mêmes, engendrés et mis au monde.
C'est ce que nous réalisons du fait que nous accueillons Dieu en nous. Nous devenons alors enfants de Dieu, enfants de sa puissance et fils du Très-Haut. En revanche, nous faisons de nous-mêmes des prématurés, des êtres incomplets et inconsistants si le Christ n'est pas formé en nous, comme dit saint Paul. Il faut, en effet, dit-il ailleurs, que l'homme de Dieu soit un être accompli.
Si l'on voit clairement comment nous sommes enfantés au moment voulu, il est clair aussi pour tous comment nous mourons au bon moment. C'est ainsi que, pour saint Paul, tout moment était opportun pour une bonne mort. Il le crie en propres termes, il en fait une sorte d'engagement, lorsqu'il dit : Chaque jour, je meurs, oui, pour votre fierté. Et encore : C'est pour toi, Seigneur, qu'on nous frappe de mort chaque jour. Et enfin : Nous avons reçu en nous-mêmes notre arrêt de mort.
On voit très clairement comment Paul meurt chaque jour, lui qui ne vit jamais pour le péché, qui mortifie sans cesse les membres de son corps, qui porte en lui-même l'agonie du corps du Christ, qui est sans cesse crucifié avec le Christ vivant en lui. À mon avis, c'est là une mort au bon moment, celle qui est devenue l’introductrice de la vraie vie.
C'est moi
, dit Dieu, qui fais mourir et qui fais vivre, afin de faire comprendre que, c'est vraiment un don de Dieu que d'être mort au péché et de vivre par l'Esprit. C'est parce qu'il fait mourir que sa parole promet de faire vivre. 

(SAINT GRÉGOIRE DE NYSSE [°v.335 – 〸v.395], Homélie sur l’Ecclésiaste)











 15 septembre

Nul ne cherchera ce qu’il juge utile pour soi,
mais bien plutôt ce qui l’est pour autrui.
(Règle de Saint Benoît 72,7)



La Règle de Saint Benoît…

RB 2,33-40 (Les qualités que doit avoir l'abbé)

³³Avant tout qu'il se garde de négliger ou de compter pour peu le salut des âmes qui lui sont confiées, sans donner plus de soin aux choses passagères, terrestres et caduques. ³⁴Qu'il pense sans cesse que ce sont des âmes qu'il a reçues à conduire et qu'il devra en rendre compte. ³⁵Et, de peur qu'il ne se préoccupe à l'excès de la modicité des ressources du monastère, il se rappellera qu'il est écrit: « Cherchez d'abord le royaume de Dieu et sa justice: le reste vous sera donné par surcroît »; ³⁶et encore: « Rien ne manque à ceux qui le craignent. » ³⁷Qu'il sache donc bien que ce sont des âmes qu'il a reçues à conduire; qu'il soit prêt à en rendre compte. ³⁸Quel que soit le nombre des frères placés sous sa garde, qu'il sache avec certitude qu'au jour du jugement il devra rendre compte au Seigneur de toutes ces âmes, et de plus, sans nul doute, de la sienne propre. ³⁹Vivant ainsi dans la crainte constante de cet examen qui attend le pasteur au sujet de ses brebis, c'est le souci même des comptes dus pour autrui qui le rendra attentif sur lui-même, ⁴⁰et, en corrigeant les autres par ses avis, il se corrigera de ses propres défauts.



… pour chaque jour

Si quelqu’un est en Jésus Christ, il est une créature nouvelle ; le monde ancien s’en est allé. Ailleurs, saint Paul appelle « création nouvelle » l’habitation du Saint-Esprit dans une âme pure, sans tache, indemne de mal, d’injustice et de toute habitude déshonorante. Car, lorsque l’âme a détesté le péché, s’est unie intimement à Dieu de tout son pouvoir en se gouvernant selon la vertu, sa vie est transformée ; elle reçoit la grâce du Saint-Esprit, qui la renouvelle et la recrée tout entière. Saint Paul le dit ainsi : Purifiez-vous des vieux ferments pour être une pâte nouvelle. Et un peu plus loin : Festoyons, non pas avec de vieux ferments, mais avec du pain non fermenté : la droiture et la vérité.
En effet, le tentateur dresse de nombreux pièges, de tous côtés, contre notre âme pour la précipiter dans le mal. Par elle-même, la nature humaine n’est pas assez forte pour triompher de lui. C’est pourquoi l’Apôtre nous ordonne de munir nos membres d’un armement céleste. Revêtez, nous dit-il, la justice pour cuirasse ; à vos pieds chaussez la promptitude pour annoncer la paix ; ayez la vérité pour ceinturon.
Tu vois combien de moyens de salut te sont présentés par l’Apôtre ! Tous conduisent à un seul chemin pour atteindre un seul but. Grâce à eux, on accomplit facilement la course de la vie jusqu’au sommet des commandements.
Dans un autre endroit, l’Apôtre nous dit : Courons avec endurance l’épreuve qui nous est proposée, les yeux fixés sur Jésus, qui est à l’origine et au terme de la foi.
Celui qui méprise absolument les grandeurs de cette vie ~ et qui renonce à toute gloire terrestre doit renoncer, en même temps qu’à la vie, à son âme. Renoncer à son âme, c’est ne jamais chercher à obéir à sa volonté propre, mais faire la volonté de Dieu en lui obéissant comme à un bon pilote. C’est encore ne rien posséder, ne rien s’approprier de ce qui est commun. On sera plus libre alors pour accomplir allègrement, dans la joie et l’espérance, ce qui est prescrit par les supérieurs, comme un esclave du Christ, qui a été acheté pour servir la communauté des frères. C’est cela que veut le Seigneur et il nous y exhorte quand il dit : Celui qui veut avoir la première place et être grand parmi vous sera le dernier de tous et l’esclave de tous.
Il faut que cet esclavage au service des hommes ne rapporte aucun salaire. Il faut que l’esclave soit soumis à tous et qu’il rende service à ses frères comme s’il leur payait une dette. Il faut donc que les supérieurs se donnent plus de mal que les autres, aient des sentiments plus humbles que leurs subordonnés et qu’ils présentent leur vie à leurs frères comme un modèle d’esclavage en estimant que ce qui leur est confié est un dépôt appartenant à Dieu.
C’est ainsi que vous devez prendre soin de vos frères, comme de bons éducateurs prennent soin des enfants délicats confiés à eux par les parents.
Comportez-vous ainsi entre vous. Que les uns obéissent avec joie aux ordres qu’on leur donne. Que les autres, qui jouent le rôle de maîtres, conduisent volontiers leurs frères à la perfection. Bref, rivalisez de respect les uns pour les autres. Alors vous mènerez sur terre la vie des anges.
 

(SAINT GRÉGOIRE DE NYSSE [°v.335 – 〸v.395])









 8 mai

Montrer tout ce qui est bon et saint
par des actes plus encore que par des paroles.
(Règle de Saint Benoît 2,12)



La Règle de Saint Benoît…

RB Prologue 45-50 

⁴⁵C'est à cette fin que nous voulons fonder une école où l'on serve le Seigneur. ⁴⁶Dans cette institution, nous espérons ne rien établir de rude ni de pesant. ⁴⁷Si, toutefois, il s'y rencontrait quelque chose d'un peu rigoureux, qui fût imposé par l'équité pour corriger nos vices et sauvegarder la charité, ⁴⁸garde-toi bien, sous l'effet d'une crainte subite, de quitter la voie du salut dont les débuts sont toujours difficiles. ⁴⁹En effet, à mesure que l'on progresse dans la voie religieuse et dans la foi, le cœur se dilate, et l'on court dans la voie des commandements de Dieu, avec la douceur ineffable de l'amour. ⁵⁰Ne nous écartons donc jamais de son enseignement, et persévérant jusqu'à la mort dans sa doctrine au sein du monastère, participons par la patience aux souffrances du Christ pour mériter d'avoir part à son royaume. Amen.



… pour chaque jour

[Sur le mont Sinaï, Moïse dit au Seigneur : « De grâce, fais-moi voir ta gloire ». Dieu lui répondit : « Je ferai passer devant toi toute ma beauté (…), mais tu ne peux pas voir ma face » (Ex 33,18s).] Ressentir ce désir me semble provenir d’une âme animée d’amour à l’égard de la beauté essentielle, une âme que l’espérance ne cesse d’entraîner de la beauté qu’elle a vue à celle qui est au-delà. (…) Cette demande audacieuse, qui dépasse les limites du désir, c’est de ne pas jouir de la Beauté par des miroirs et des reflets, mais face à face. La voix divine accorde ce qui est demandé par le fait même qu’elle le refuse (…) : la munificence de Dieu lui accorde l’accomplissement de son désir ; mais en même temps elle ne lui promet pas le repos ou la satiété. (…) C’est en cela que consiste la véritable vision de Dieu : dans le fait que celui qui lève les yeux vers lui ne cesse jamais de le désirer. C’est pourquoi il dit : « Tu ne pourras pas voir mon visage » (…)
Le Seigneur, qui avait répondu ainsi à Moïse, s’exprime de la même façon à ses disciples, mettant en lumière le sens de ce symbole. « Si quelqu’un veut me suivre », dit-il (Lc 9,23) et non : « Si quelqu’un veut me précéder ». À celui qui lui adresse une prière au sujet de la vie éternelle, il propose la même chose : « Viens, suis-moi » (Lc 18,22). Or celui qui suit est tourné vers le dos de celui qui le conduit. Donc l’enseignement que reçoit Moïse sur la manière dont il est possible de voir Dieu est celui-ci : suivre Dieu où qu’il conduise, c’est là voir Dieu.
Il n’est pas possible en effet à celui qui ignore le chemin de voyager en sécurité s’il ne suit pas le guide. Le guide lui montre le chemin en le précédant ; celui qui suit alors ne s’écartera pas du bon chemin, s’il est toujours tourné vers le dos de celui qui le conduit. En effet, s’il se laisse aller sur le côté ou s’il fait face à son guide, il s’engage dans une autre voie que celle que lui montre le guide. C’est pourquoi Dieu dit à celui qu’il conduit : « Tu ne verras pas mon visage », c’est-à-dire : « Ne fais pas face à ton guide ». Car alors tu courrais en sans contraire de lui. (…) Tu vois combien il importe d’apprendre à suivre Dieu. Pour celui qui le suit ainsi, aucune des contradictions du mal ne s’oppose plus à sa marche.
 

(SAINT GRÉGOIRE DE NYSSE [°v.335 – 〸v.395], La vie de Moïse, II, 231-233, 251-253, SC 1ter, trad. J. Daniélou, Éd. du Cerf, 2000, p. 265)









 3 mai

Avant tout, demande à Dieu
par une très instante prière
qu’il mène à bonne fin tout bien que tu entreprennes.
(Règle de Saint Benoît – Prologue 4)



La Règle de Saint Benoît…

RB Prologue 8-13

⁸Levons-nous donc, enfin, l'Ecriture nous y incite: « L'heure est venue, dit-elle, de sortir de notre sommeil. » ⁹Ouvrons les yeux à la lumière divine. Ayons les oreilles attentives à la voix de Dieu qui nous crie chaque jour cet avertissement: ¹⁰« Aujourd'hui, si vous entendez sa voix, n'endurcissez pas vos cœurs », ¹¹et ailleurs: « Qui a des oreilles entende ce que l'Esprit dit aux Eglises ». ¹²Et que dit-il? « Venez, mes fils, écoutez-moi, je vous enseignerai la crainte du Seigneur ». ¹³« Courez pendant que vous avez la lumière de la vie, de peur que les ténèbres de la mort ne vous saisissent. »



… pour chaque jour

Si nous considérons, d'autre part, que le Christ est la lumière véritable, étrangère à tout mensonge, nous comprenons que notre vie aussi doit s'illuminer des rayons de la vérité. Les vertus sont les rayons du Soleil de justice qui jaillissent pour nous éclairer, afin que nous rejetions les activités des ténèbres et que nous nous conduisions honnêtement, comme on le fait en plein jour. Refusons les dissimulations honteuses, faisons tout à la lumière alors nous deviendrons lumière nous-mêmes, de façon à éclairer les autres, ce qui est le propre de la lumière. 

(SAINT GRÉGOIRE DE NYSSE [°v.335 – 〸v.395], Traité sur la perfection chrétienne)









 3 novembre

Qu’il imite plutôt l’exemple de tendresse du bon Pasteur…
(Règle de Saint Benoît 27,8)



La Règle de Saint Benoît…

RB 27,1-9 (Quelle sollicitude l'abbé doit avoir à l'égard des excommuniés)

¹L'abbé doit prendre soin en toute sollicitude des frères qui ont failli, parce que « ce ne sont pas les bien portants qui ont besoin du médecin mais les malades. » ²C'est pourquoi il doit, comme un sage médecin, user de tous les moyens. Il enverra des senpectes, c'est-à-dire des frères anciens et sages ³qui, comme en secret, consoleront le frère qui est dans le trouble et l'engageront à faire une humble satisfaction; ils le soutiendront de peur qu'il ne soit accablé par un excès de tristesse ; ⁴mais, comme dit l'Apôtre, « il faut redoubler de charité envers lui », et tous prieront à son intention. ⁵L'abbé, en effet, doit avoir un soin tout particulier et s'empresser, avec toute son adresse et toute son habileté, pour qu'il ne perde aucune des brebis à lui confiées. ⁶Il doit savoir qu'il a reçu le soin d'âmes malades et non une autorité tyrannique sur des âmes saines. ⁷Qu'il craigne donc la menace du Prophète, par laquelle Dieu dit: « Les brebis qui vous paraissaient grasses, vous les preniez pour vous, et celles qui étaient débiles, vous les rejetiez. » ⁸Qu'il imite plutôt l'exemple de tendresse du bon Pasteur qui, ayant laissé dans les montagnes quatre-vingt-dix-neuf brebis, partit chercher l'unique brebis qui s'était égarée; ⁹il eut de sa faiblesse une si grande compassion qu'il daigna la charger sur ses épaules sacrées et ainsi la rapporter au troupeau.



… pour chaque jour

Où mèneras-tu paître le troupeau, bon pasteur, toi qui le portes tout entier sur tes épaules ? Car tout le genre humain est une seule brebis que tu as prise sur tes épaules. Montre-moi le lieu du repos, mène-moi vers l'herbe nourrissante, appelle-moi par mon nom ; moi, ta brebis, que j'entende ta voix : et, par ta voix, donne-moi la vie éternelle.
Dis-le-moi donc, toi que mon cœur aime. C'est ainsi que je te nomme, car ton nom est au-dessus de tout nom, inexprimable, inaccessible pour toute créature douée de raison. Ce nom, qui révèle ta bonté, montre l'amour de mon cœur pour toi. Comment ne t'aimerais-je pas, toi qui m'as aimée alors que j'étais noire, au point de donner ta vie pour les brebis dont tu es le pasteur ? On ne saurait imaginer un plus grand amour: échanger ta vie contre mon salut !
Enseigne-moi donc, dit-elle, où tu mènes paître le troupeau, afin que je puisse trouver le pâturage du salut, me rassasier de la nourriture céleste que tout homme doit manger pour entrer dans la vie. Que j'accoure auprès de toi, qui es la source, pour aspirer la boisson divine que tu fais jaillir comme d'une source pour les assoiffés. Cette eau jaillit de ton côté ouvert par la lance et, pour celui qui en goûtera, elle deviendra source jaillissante pour la vie éternelle.
Si tu me conduis dans ces pâturages, tu me feras parfaitement reposer à l'heure de midi ; en paix, tout aussitôt, je me coucherai et je me reposerai dans la lumière sans ombre ; il n'y a pas d'ombre à midi : le soleil est au zénith. C'est là que tu fais coucher ceux dont tu es le pasteur, que tu prends tes enfants avec toi sur ta couche. Nul ne sera jugé digne de partager ce repos de midi s'il n'est fils de la lumière et fils du jour. Mais celui qui s'est séparé à égale distance des ténèbres du soir et des ténèbres du matin, c'est-à-dire de l'origine du mal et de son terme, celui-là repose à l'heure de midi sous le soleil de justice.
Fais-moi donc connaître, dit la bien-aimée, comment trouver le pâturage ; indique-moi le chemin du repos de midi. Il ne faudrait pas que j'échappe à la bonne direction et que l'ignorance de la vérité m'agrège à des troupeaux étrangers au tien.
La bien-aimée parle ainsi parce qu'elle est anxieuse de la beauté que Dieu lui a donnée et parce qu'elle veut connaître comment garder cette perfection pour toujours.
 

(SAINT GRÉGOIRE DE NYSSE [°v.335 – 〸v.395], Homélie sur le Cantique des Cantiques)









 18 septembre

S’efforcer plus à se faire aimer qu’à se faire craindre.
(Règle de Saint Benoît 64,15)



La Règle de Saint Benoît…

RB 4,1-21 (Les instruments des bonnes œuvres)

¹Avant tout, aimer le Seigneur Dieu de tout son cœur, de toute son âme, de toute sa force.
²Ensuite, le prochain comme soi-même.
³Ensuite, ne point tuer.
⁴Ne point commettre d'adultère.
⁵Ne point voler.
⁶Ne point convoiter.
⁷Ne point porter faux témoignage.
⁸Honorer tous les hommes.
⁹Ne point faire à autrui ce qu'on ne veut pas qu'on nous fasse.
¹⁰Se renoncer à soi-même pour suivre le Christ.
¹¹Châtier son corps.
¹²Ne pas embrasser les délices.
¹³Aimer le jeûne.
¹⁴Soulager les pauvres.
¹⁵Vêtir qui est nu.
¹⁶Visiter les malades.
¹⁷Ensevelir les morts.
¹⁸Secourir qui est dans la tribulation.
¹⁹Consoler les affligés.
²⁰Rompre avec les affaires du monde.
²¹Ne rien préférer à l'amour du Christ.



… pour chaque jour

Les yeux du sage sont dans sa tête, mais l'insensé marche dans les ténèbres.
Si l'âme lève les yeux vers sa tête, qui est le Christ comme l'explique saint Paul, on la jugera heureuse à cause de la clarté de sa vision, puisqu'elle porte ses regards là où ne règne pas l'obscurité du mal. Ce grand Apôtre et ceux qui, pareils à lui, sont grands eux aussi, avaient les yeux dans la tête : ce sont tous ceux qui ont dans le Christ leur vie, leur mouvement et leur être.
De même qu'un homme placé dans la lumière ne peut voir de ténèbres, ainsi est-il impossible à celui qui dirige son regard vers le Christ de le fixer sur quelque vanité. Avoir les yeux dans la tête — j'entends par tête le principe de toutes choses —, c'est avoir les regards fixés sur toute vertu, car le Christ est la vertu absolue. C'est les avoir fixés sur la vérité, sur la justice, sur l'incorruptibilité, sur tout bien. Donc, les yeux du sage sont dans sa tête, mais l'insensé marche dans les ténèbres. Car celui qui ne met pas sa lampe sur le lampadaire mais sous le lit transforme sa lumière en ténèbres.
Et combien y a-t-il d'hommes qui se consacrent aux biens célestes, qui s'adonnent à la contemplation de ce qui existe réellement, que l'on estime aveugles et inutiles dans les affaires matérielles ? Paul se vantait d'être ainsi lorsqu'il se disait fou à cause du Christ. En effet, son intelligence et sa sagesse ne concernaient aucune des choses qui captivent ici-bas notre intérêt. Il disait donc : Nous, nous sommes fous à cause du Christ, comme s'il disait : « Nous, nous sommes aveugles en ce qui concerne la vie d'en bas parce que nous regardons en haut et que nous avons nos yeux dans la tête. » À cause de cela, il n'avait ni toit, ni table, il était pauvre, errant, nu, souffrant de la faim et de la soif.
Qui ne l'aurait pas jugé digne de pitié, en le voyant prisonnier, accablé de coups, englouti dans la mer à la suite d'un naufrage, chargé de chaînes ? Cependant, s'il en était ainsi sur le plan humain, il n'a jamais cessé d'avoir les yeux dans la tête, lui qui disait : Qui pourra nous séparer de l'amour de Dieu qui est dans le Christ Jésus ? la détresse ? l'angoisse ? la persécution ? la faim ? le dénuement ? le danger ? le supplice ? Cela revient à dire : « Qui m'arrachera les yeux de la tête, pour les placer sur la terre que l'on foule aux pieds ? »
Quant à nous, il nous prescrit d'en faire autant lorsqu'il nous ordonne de rechercher ce qui est en haut, ce qui revient à dire : « avoir les yeux dans la tête ». 

(SAINT GRÉGOIRE DE NYSSE [°v.335 – 〸v.395], Homélie sur l’Ecclésiaste)








 30 août

L’homme estimera que Dieu, du haut du ciel,
le regarde à tout moment.
(Règle de Saint Benoît 7,13)



La Règle de Saint Benoît…

RB 72,1-12 (Le bon zèle que doivent avoir les moines)

¹Il est un mauvais zèle, un zèle amer, qui sépare de Dieu et mène à l'enfer. ²De même, il est un bon zèle qui sépare des vices et mène à Dieu et à la vie éternelle. ³C'est ce zèle que les moines pratiqueront avec un très ardent amour : ⁴ils s'honoreront mutuellement avec prévenance; ⁵ils supporteront avec une très grande patience les infirmités d'autrui, tant physiques que morales ; ⁶ils s'obéiront à l'envi ; ⁷nul ne recherchera ce qu'il juge utile pour soi, mais bien plutôt ce qui l'est pour autrui ; ⁸ils s'accorderont une chaste charité fraternelle ; ⁹ils craindront Dieu avec amour ; ¹⁰ils aimeront leur abbé avec une charité sincère et humble ; ¹¹ils ne préfèreront absolument rien au Christ ; ¹²qu'Il nous amène tous ensemble à la vie éternelle !

… pour chaque jour

Il faut donc que les supérieurs se donnent plus de mal que les autres, aient des sentiments plus humbles que leurs subordonnés et qu’ils présentent leur vie à leurs frères comme un modèle d’esclavage en estimant que ce qui leur est confié est un dépôt appartenant à Dieu.
C’est ainsi que vous devez prendre soin de vos frères, comme de bons éducateurs prennent soin des enfants délicats confiés à eux par les parents.
Comportez-vous ainsi entre vous. Que les uns obéissent avec joie aux ordres qu’on leur donne. Que les autres, qui jouent le rôle de maîtres, conduisent volontiers leurs frères à la perfection. Bref, rivalisez de respect les uns pour les autres. Alors vous mènerez sur terre la vie des anges. 

(SAINT GRÉGOIRE DE NYSSE [°v.335 – 〸v.395])









 3 novembre

En tout lieu, c’est un seul Seigneur que l’on sert…
(Règle de Saint Benoît 61,10)



La Règle de Saint Benoît…

RB 27,1-9 (Quelle sollicitude l'abbé doit avoir à l'égard des excommuniés)

¹L'abbé doit prendre soin en toute sollicitude des frères qui ont failli, parce que « ce ne sont pas les bien portants qui ont besoin du médecin mais les malades. » ²C'est pourquoi il doit, comme un sage médecin, user de tous les moyens. Il enverra des senpectes, c'est-à-dire des frères anciens et sages ³qui, comme en secret, consoleront le frère qui est dans le trouble et l'engageront à faire une humble satisfaction; ils le soutiendront de peur qu'il ne soit accablé par un excès de tristesse ; ⁴mais, comme dit l'Apôtre, « il faut redoubler de charité envers lui », et tous prieront à son intention. ⁵L'abbé, en effet, doit avoir un soin tout particulier et s'empresser, avec toute son adresse et toute son habileté, pour qu'il ne perde aucune des brebis à lui confiées. ⁶Il doit savoir qu'il a reçu le soin d'âmes malades et non une autorité tyrannique sur des âmes saines. ⁷Qu'il craigne donc la menace du Prophète, par laquelle Dieu dit: « Les brebis qui vous paraissaient grasses, vous les preniez pour vous, et celles qui étaient débiles, vous les rejetiez. » ⁸Qu'il imite plutôt l'exemple de tendresse du bon Pasteur qui, ayant laissé dans les montagnes quatre-vingt-dix-neuf brebis, partit chercher l'unique brebis qui s'était égarée; ⁹il eut de sa faiblesse une si grande compassion qu'il daigna la charger sur ses épaules sacrées et ainsi la rapporter au troupeau.

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… pour chaque jour

Où mèneras-tu paître le troupeau, bon pasteur, toi qui le portes tout entier sur tes épaules ? Car tout le genre humain est une seule brebis que tu as prise sur tes épaules. Montre-moi le lieu du repos, mène-moi vers l'herbe nourrissante, appelle-moi par mon nom ; moi, ta brebis, que j'entende ta voix : et, par ta voix, donne-moi la vie éternelle.

Dis-le-moi donc, toi que mon cœur aime. C'est ainsi que je te nomme, car ton nom est au-dessus de tout nom, inexprimable, inaccessible pour toute créature douée de raison. Ce nom, qui révèle ta bonté, montre l'amour de mon cœur pour toi. Comment ne t'aimerais-je pas, toi qui m'as aimée alors que j'étais noire, au point de donner ta vie pour les brebis dont tu es le pasteur ? On ne saurait imaginer un plus grand amour : échanger ta vie contre mon salut !

Enseigne-moi donc, dit-elle, où tu mènes paître le troupeau, afin que je puisse trouver le pâturage du salut, me rassasier de la nourriture céleste que tout homme doit manger pour entrer dans la vie. Que j'accoure auprès de toi, qui es la source, pour aspirer la boisson divine que tu fais jaillir comme d'une source pour les assoiffés. Cette eau jaillit de ton côté ouvert par la lance et, pour celui qui en goûtera, elle deviendra source jaillissante pour la vie éternelle.

Si tu me conduis dans ces pâturages, tu me feras parfaitement reposer à l'heure de midi; en paix, tout aussitôt, je me coucherai et je me reposerai dans la lumière sans ombre ; il n'y a pas d'ombre à midi : le soleil est au zénith. C'est là que tu fais coucher ceux dont tu es le pasteur, que tu prends tes enfants avec toi sur ta couche. Nul jugé digne de partager ce repos de midi s'il n'est fils de la lumière et fils du jour. Mais celui qui s'est séparé à égale distance des ténèbres du soir et des ténèbres du matin, c'est-à-dire de l'origine du mal et de son terme, celui-là repose à l'heure de midi sous le soleil de justice.

Fais-moi donc connaître, dit la bien-aimée, comment trouver le pâturage; indique-moi le chemin du repos de midi. Il ne faudrait pas que j'échappe à la bonne direction et que l'ignorance de la vérité m'agrège à des troupeaux étrangers au tien.

La bien-aimée parle ainsi parce qu'elle est anxieuse de la beauté que Dieu lui a donnée et parce qu'elle veut connaître comment garder cette perfection pour toujours. 

(SAINT GRÉGOIRE DE NYSSE, Homélie sur le Cantique des Cantiques)