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 27 janvier




La Règle de Saint Benoît…

RB 7,10-18 (L'humilité)

¹⁰Voici donc le premier degré d'humilité: se remettant toujours devant les yeux la crainte de Dieu, il consiste à fuir toute négligence et à se rappeler sans cesse tout ce que Dieu a commandé. ¹¹On repassera constamment dans son esprit, d'une part, comment la géhenne brûle, pour leurs péchés, ceux qui méprisent Dieu, et comment, d'autre part, la vie éternelle récompense ceux qui le craignent. ¹²Se gardant, à toute heure, des péchés et des vices des pensées, de la langue, des mains et de la volonté propre, ainsi que des désirs de la chair, ¹³l'homme estimera que Dieu, du haut du ciel, le regarde à tout moment, qu'en tout lieu le regard de la divinité voit ses actes et que les anges les lui rapportent à tout moment. ¹⁴Le Prophète nous le révèle, lorsqu’il affirme que Dieu est toujours présent à nos pensées: « Dieu scrute les cœurs et les reins »; ¹⁵et de même: « Le Seigneur connaît les pensées des hommes », ¹⁶et encore: « Tu as compris de loin mes pensées », ¹⁷et: « La pensée de l'homme te sera découverte. » ¹⁸Aussi, pour être vigilant sur ses pensées perverses, le vrai moine répètera toujours dans son cœur: « Je serai sans tache devant lui, si je me tiens en garde contre mon iniquité. »



… pour chaque jour

Vivons toujours dans la concorde, en étant humbles et chastes, en nous tenant éloignés de toute récrimination et de toute médisance, en nous montrant justes par nos actes et non par des paroles. Il est dit en effet : Celui qui parle beaucoup devra écouter à son tour ; le beau parleur s’imagine-t-il qu’il est juste ?
Il faut que nous soyons toujours empressés à faire le bien, car c'est de Dieu que nous viennent toutes choses. Il nous en avertit : Voici le Seigneur, et le salaire est avec lui, afin de rendre à chacun selon ses œuvres. Il nous exhorte donc à croire en lui de tout notre cœur, à ne rester ni paresseux ni indolents devant toute œuvre bonne. Mettons en lui notre fierté et notre assurance ; soumettons-nous à sa volonté ; songeons à toute la multitude de ses anges, et comment ils se tiennent devant lui pour accomplir sa volonté. L'Écriture dit en effet : Des myriades de myriades se tenaient auprès de lui et mille milliers étaient à son service ; et ils criaient : Saint, saint, saint, le Seigneur Sabaoth ; toute la création est remplie de sa gloire.  
Nous donc aussi, d'un seul cœur, réunis dans la concorde intérieure des consciences, crions vers lui instamment comme d'une seule bouche, afin de devenir participants de ses grandes et glorieuses promesses. Car il est dit : L'œil n'a pas vu, l'oreille n'a pas entendu, le cœur de l'homme ne peut concevoir tout ce qu’il a préparé pour ceux qui l’attendent.
Mes bien-aimés, comme les dons de Dieu sont bénis et admirables ! La vie dans l'immortalité, la splendeur dans la justice, la vérité dans la liberté de parole, la foi dans la confiance, la maîtrise de soi dans la sanctification et tout cela est mis à la portée de notre intelligence ! Quels sont donc les biens préparés pour ceux qui l'attendent ? Le Créateur et Père des siècles, le Très-Saint, en sait le nombre et la beauté.
Luttons donc pour être mis au nombre de ceux qui attendent, afin de participer aux dons qu'il a promis. Mais comment cela se fera-t-il, mes bien-aimés ? Si notre pensée s'attache à Dieu avec foi, si nous recherchons ce qui lui plaît et ce qu'il approuve. Si nous accomplissons ce qui convient à sa volonté irréprochable, et si nous suivons le chemin de la vérité en rejetant loin de nous toute injustice.
 

(SAINT CLÉMENT DE ROME [° ? – 〸v.99], Lettre aux Corinthiens)









 23 mai

Entendre volontiers les saintes lectures.
(Règle de Saint Benoît 4,55)



La Règle de Saint Benoît…

RB 5,1-13 (L'obéissance)

¹Le premier degré d'humilité est l'obéissance sans délai. ²Elle convient à ceux qui n'ont rien de plus cher que le Christ. ³Mus par le service sacré dont ils ont fait profession, ou par la crainte de l'enfer, et par le désir de la gloire de la vie éternelle, ⁴dès que le supérieur a commandé quelque chose, ils ne peuvent souffrir d'en différer l'exécution, tout comme si Dieu lui-même en avait donné l'ordre. ⁵C'est d'eux que le Seigneur dit: « Dès que son oreille a entendu, il m'a obéi. » ⁶Et il dit encore à ceux qui enseignent: « Qui vous écoute, m'écoute. » ⁷Ceux qui sont dans ces dispositions, renonçant aussitôt à leurs propres intérêts et à leur propre volonté, ⁸quittent ce qu'ils avaient en mains et laissent inachevé ce qu'ils faisaient. Ils suivent d'un pied si prompt l'ordre donné que, ⁹dans l'empressement qu'inspire la crainte de Dieu, il n'y a pas d'intervalle entre la parole du supérieur et l'action du disciple, toutes deux s'accomplissant au même moment. ¹⁰Ainsi agissent ceux qui aspirent ardemment à la vie éternelle. ¹¹C'est pour cela qu'ils entrent dans la voie étroite dont parle le Seigneur, lorsqu'il dit: « Étroite est la voie qui conduit à la vie. » ¹²Aussi, ne vivant plus à leur gré et n'obéissant plus à leurs désirs ni à leurs inclinations, ils marchent au jugement et au commandement d'autrui, et désirent se soumettre à un abbé en vivant dans un monastère. ¹³Assurément les hommes de cette trempe imitent le Seigneur qui dit dans cette sentence: « Je ne suis pas venu faire ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé. »



… pour chaque jour

Parcourons tous les âges et nous apprendrons que, de génération en génération, le Maître a offert la possibilité de se convertir à tous ceux qui voulaient se tourner vers lui. Noé prêcha la conversion, et ceux qui l’écoutèrent furent sauvés. Jonas annonça aux Ninivites la destruction qui les menaçait ; ils se repentirent de leurs péchés, ils apaisèrent Dieu par leurs supplications et ils obtinrent le salut, bien qu’étrangers à Dieu…
Par sa volonté toute-puissante, il veut faire participer tous ceux qu’il aime à la conversion. C’est pourquoi nous devons obéir à sa magnifique et glorieuse volonté. Implorons humblement sa miséricorde et sa bonté ; confions-nous à sa compassion en abandonnant les préoccupations frivoles, la discorde et la jalousie qui ne conduisent qu’à la mort…
Restons humbles, mes frères, rejetons tous les sentiments d’orgueil, de jactance, de vanité et de colère… Attachons-nous fermement aux préceptes et aux commandements du Seigneur Jésus, nous rendant dociles et humbles devant ses paroles. Car voici ce que dit la parole sainte : « Vers qui tournerai-je mon regard, sinon vers l’homme doux, pacifique, qui tremble à mes paroles ? » (Is 66,2) 

(SAINT CLÉMENT DE ROME [° ? – 〸v.99], Lettre aux Corinthiens, § 7-13, PA 1, 108-110)









 5 février

L’abbé, une fois établi,
pensera sans cesse à la nature du fardeau qu’il a reçu,
et à Celui à qui il devra rendre compte de son administration. 
Qu’il sache qu’il lui faut aider bien plus que régir.
(Règle de Saint Benoît 64,7-8)



La Règle de Saint Benoît…

RB 7,55 (L'humilité)

⁵⁵Voici le huitième degré d'humilité: le moine ne fait rien que ce qui lui est prescrit par la règle commune du monastère et conseillé par les exemples des Pères.










… pour chaque jour

Il est écrit : « Attachez-vous aux hommes saints, car ceux qui s'attachent à eux deviennent saints. » Et il est écrit ailleurs : Avec l'homme sans reproche tu seras sans reproche, avec l'ami tu seras un ami, et avec l'homme fourbe tu agiras avec ruse. Attachons-nous donc aux hommes sans reproche et aux justes, car ce sont eux les amis de Dieu. Pourquoi des disputes, des colères, des divisions, des scissions et la guerre parmi vous ? N'avons-nous pas un seul Dieu, un seul Christ, un seul Esprit de grâce répandu sur nous, et une seule vocation dans le Christ ? Pourquoi écarteler et déchirer les membres du Christ, pourquoi nous révolter contre notre propre corps, et en arriver à une telle démence : oublier que nous sommes membres les uns des autres ?
Rappelez-vous les paroles de Jésus notre Seigneur. Car il a dit : Malheureux cet homme-là ! Il aurait mieux valu pour lui n'être pas né que d'entraîner au mal un seul de mes élus, il serait meilleur pour lui qu'on lui attache une meule au cou et qu'on l'engloutisse dans la mer que de détourner un seul de mes élus. Vos scissions en ont détourné beaucoup, elles en ont jeté beaucoup dans le découragement, beaucoup dans le doute, et nous tous dans le chagrin. Et votre désaccord se prolonge !
Reprenez la lettre du bienheureux Apôtre Paul. Que vous a-t-il écrit en premier, au commencement de l'évangélisation ? Vraiment, c'est sous l'inspiration de l'Esprit qu'il vous a envoyé une lettre parlant de lui-même, de Céphas et d'Apollos, car à cette époque déjà vous formiez des partis. Mais cette partisanerie était alors pour vous une moindre faute, car vous étiez partisans en vous attachant à des Apôtres autorisés ou à des hommes approuvés par eux.
Faisons donc disparaître cela au plus vite, jetons-nous aux pieds du Maître, supplions-le avec larmes pour qu'il nous prenne en pitié, nous réconcilie et nous rétablisse dans la noble et sainte pratique de l'amour fraternel. La porte de la justice ouverte sur la vie, c'est celle-là, ainsi qu'il est écrit : Ouvrez-moi les portes de la justice ; j'y entrerai pour louer le Seigneur. C'est ici la porte du Seigneur ; les justes y entreront. Beaucoup de portes sont ouvertes, mais la porte de la justice est celle du Christ. Bienheureux tous ceux qui y sont entrés et qui dirigent leur marche dans la sainteté et la justice ; ils accomplissent tout sans connaître de trouble. Quelqu'un est-il fidèle, capable d'exposer la connaissance, assez sage pour discerner les discours, pur dans ses actions ? Il doit être d'autant plus humble qu'il est jugé plus grand, et il doit chercher l'utilité commune de tous, et non son propre intérêt.
 

(SAINT CLÉMENT DE ROME [° ? – 〸v.99], Lettre aux Corinthiens)









 22 juillet

Tempérer tellement toutes choses
que les forts désirent faire davantage
et que les faibles ne se dérobent pas.
(Règle de Saint Benoît 64,19)



La Règle de Saint Benoît…

RB 43,1-12 (Ceux qui arrivent en retard à l'Œuvre de Dieu ou à la table)

¹À l'heure de l'office divin, aussitôt le signal entendu, on quittera tout ce qu'on a dans les mains, et l'on se hâtera d'accourir, ²avec gravité néanmoins afin de ne pas donner aliment à la dissipation. ³On ne préfèrera donc rien à l'Œuvre de Dieu. ⁴Si quelqu'un arrive aux Vigiles après le Gloria du psaume quatre-vingt-quatorze - qui devra, pour ce motif, être récité en traînant et lentement - il ne prendra point son rang au chœur, ⁵mais la dernière place, ou se retirera à l'endroit que l'abbé aura désigné pour les négligents de cette sorte, et d'où il puisse être vu par lui et par toute la communauté. ⁶Il y demeurera jusqu'à ce que, l'Œuvre de Dieu étant terminée, il fasse pénitence par une satisfaction publique. ⁷Si nous avons jugé à propos de placer les retardataires au dernier rang ou à l'écart, c'est afin que la honte qu'ils éprouveront d'être exposés au regard de tous serve à les corriger. ⁸Car s'ils demeuraient hors de l'oratoire, il s'en pourrait trouver qui iraient se recoucher pour dormir ou qui, assis dehors s'amuseraient à bavarder, donnant ainsi occasion au malin de les tenter. ⁹Il vaut donc mieux qu'ils entrent à l'oratoire; ainsi ils ne perdront pas tout, et ils auront des chances de se corriger. ¹⁰Aux Heures du jour, celui qui arrivera à l'office divin après le verset et le Gloria du premier psaume dit après le verset, se tiendra au dernier rang, selon la règle que nous venons d'établir. ¹¹Il ne se permettra point de se joindre à la psalmodie chorale avant d'avoir fait satisfaction, à moins que l'abbé ne lui en donne la permission, avec son pardon. ¹²Même dans ce cas, il devra encore réparer la faute qu'il a commise.

… pour chaque jour

Attachons-nous à la bénédiction de Dieu et voyons quels en sont les chemins. Reprenons les faits depuis le commencement. Pourquoi Abraham notre père fut-il béni ? N'est-ce pas pour avoir pratiqué justice et vérité dans la foi ? Isaac, avec confiance, sachant ce qui allait arriver, se laissa volontiers conduire au sacrifice. Jacob, avec humilité, quitta son pays à cause de son frère, s'en alla chez Laban et le servit, et c'est à lui que furent attribuées les douze tribus d’Israël.
Si l'on considère un par un, d'un regard sincère, les dons faits par Dieu, on reconnaîtra leur grandeur. C'est de Jacob en effet que viennent les prêtres et les lévites, tous ceux qui servent à l'autel de Dieu. C'est de lui que le Seigneur Jésus descend selon la chair. C'est de lui, par Juda, que viennent les rois, les princes et les chefs. Et les autres tribus d'Israël ont beaucoup de gloire, selon la promesse de Dieu : Ta descendance sera nombreuse comme les étoiles du ciel.
Tous ont reçu gloire et grandeur, non par eux-mêmes ni par leurs œuvres ou par la justice qu'ils auraient pratiquée, mais par la volonté de Dieu. Et nous, appelés par sa volonté dans le Christ Jésus, ce n'est pas par nous-mêmes que nous sommes devenus des justes. Et c'est ni par notre sagesse, notre intelligence, notre piété, ni par les actions que nous aurions accomplies dans la pureté du cœur, mais par la foi. Depuis le commencement, tous les hommes que Dieu a rendus justes, c'est par la foi qu’il les a justifiés. À lui la gloire pour les siècles des siècles. Amen.
Que ferons-nous donc, mes frères ? Allons-nous cesser de faire le bien, allons-nous abandonner la charité ? Que le Maître ne nous le permette jamais ! Empressons-nous, au contraire, avec ardeur et courage, d'accomplir toute œuvre bonne. Car le Créateur lui-même, le Maître de l'univers, se réjouit de ses œuvres. Par sa toute-puissance souveraine, il a fixé les cieux, et dans son incompréhensible sagesse, il en a réglé le bel agencement. Il a séparé la terre de l'eau qui l'environnait et l'a établie sur les solides fondations de sa volonté. Par son commandement, il a donné l'existence aux animaux qui vont et viennent sur elle. Il a préparé la mer et les êtres qui y vivent, puis leur a donné des limites par sa puissance.
Par-dessus tout, de ses mains sacrées et parfaites, il a modelé l'être excellent et souverain : l'homme, marqué de sa propre image. Car Dieu l'a bien dit : Faisons l'homme à notre image, à notre ressemblance. Dieu créa l'homme, il les créa homme et femme. Et lorsqu'il eut achevé toutes ses œuvres, il les loua et les bénit, puis il dit: Soyez féconds et multipliez-vous. Constatons que tous les justes se sont parés d’œuvres bonnes, et que Dieu lui-même s'est réjoui d'en être paré. Puisque nous avons un pareil modèle, appliquons-nous sans retard à faire sa volonté ; de toutes nos forces, travaillons à l'œuvre de la justice. 

(SAINT CLÉMENT DE ROME, Lettre aux Corinthiens)









 28 mai

Sous la conduite de l’Évangile, avançons dans ses chemins…
(Règle de Saint Benoît – Prologue 21)



La Règle de Saint Benoît…

RB 7,10-18 (L'humilité)

¹⁰Voici donc le premier degré d'humilité: se remettant toujours devant les yeux la crainte de Dieu, il consiste à fuir toute négligence et à se rappeler sans cesse tout ce que Dieu a commandé. ¹¹On repassera constamment dans son esprit, d'une part, comment la géhenne brûle, pour leurs péchés, ceux qui méprisent Dieu, et comment, d'autre part, la vie éternelle récompense ceux qui le craignent. ¹²Se gardant, à toute heure, des péchés et des vices des pensées, de la langue, des mains et de la volonté propre, ainsi que des désirs de la chair, ¹³l'homme estimera que Dieu, du haut du ciel, le regarde à tout moment, qu'en tout lieu le regard de la divinité voit ses actes et que les anges les lui rapportent à tout moment. ¹⁴Le Prophète nous le révèle, lorsqu’il affirme que Dieu est toujours présent à nos pensées: « Dieu scrute les cœurs et les reins »; ¹⁵et de même: « Le Seigneur connaît les pensées des hommes », ¹⁶et encore: « Tu as compris de loin mes pensées », ¹⁷et: « La pensée de l'homme te sera découverte. » ¹⁸Aussi, pour être vigilant sur ses pensées perverses, le vrai moine répètera toujours dans son cœur: « Je serai sans tache devant lui, si je me tiens en garde contre mon iniquité. »

… pour chaque jour

Prenez garde, mes bien-aimés, que les nombreux bienfaits du Seigneur ne tournent à notre condamnation, si nous ne menons pas une vie digne de lui, en pratiquant dans la concorde ce qui est bien et agréable à ses yeux. Il dit en effet quelque part : L'Esprit du Seigneur est une lampe qui pénètre au fond des entrailles.
Considérons combien il est proche, et que rien ne lui échappe de nos pensées ni de nos calculs. Il est donc juste que nous ne désertions pas sa volonté. Il vaut mieux nous heurter à des hommes déraisonnables, insensés, pleins d'orgueil et d'arrogance, plutôt qu'à Dieu. Révérons le Seigneur Jésus Christ, dont le sang a été donné pour nous. Respectons nos chefs ; honorons les anciens ; instruisons les jeunes gens en leur enseignant la crainte de Dieu ; dirigeons nos femmes vers le bien. Que l'on reconnaisse en elles le charme de la chasteté ; qu'elles se montrent sincèrement décidées à la douceur ; qu'elles manifestent leur silence, la modération de leur langue ; qu'elles exercent la charité non pas selon leur attrait mais de façon sainte et impartiale envers tous ceux qui craignent Dieu.
Que vos enfants bénéficient de l'éducation dans le Christ. Qu'ils apprennent quelle est auprès de Dieu la puissance, quel est auprès de lui le pouvoir d'un amour chaste, combien la crainte de Dieu est belle et grande. Dieu pourra sauver ceux qui la pratiquent saintement avec un cœur pur. Car il pénètre nos pensées et nos désirs, son souffle est en nous et il le reprendra quand il voudra. 
Tout cela est garanti par la foi dans le Christ. C'est lui en effet qui nous invite ainsi par la voix du Saint-Esprit : Venez, mes enfants, écoutez-moi ; je vous enseignerai la crainte du Seigneur. Quel est l'homme qui désire la vie, qui désire voir des jours de bonheur ? Garde ta langue du mal, et tes lèvres de la parole trompeuse. Détourne-toi du mal et fais le bien. Recherche la paix et poursuis-la.
Le Père, compatissant en tout et prodigue de bienfaits, est miséricordieux envers ceux qui le craignent. Avec douceur et bonté, il répand ses grâces sur ceux qui s'approchent de lui avec un cœur simple. Aussi, n'ayons pas une âme double, et ne tirons pas avantage de ses dons magnifiques et glorieux. 

(SAINT CLÉMENT DE ROME, Lettre aux Corinthiens)









 2 février

La prière doit être brève et pure,
à moins que peut-être la grâce de l’inspiration divine
ne nous incline à la prolonger.
(Règle de Saint Benoît 20,4)



La Règle de Saint Benoît…

RB 7,44-48 (L'humilité)

⁴⁴Voici le cinquième degré d'humilité: découvrir à son abbé, par un humble aveu, toutes les pensées mauvaises qui viennent à l'âme ainsi que toutes les fautes qu'on aurait commises en secret. ⁴⁵L'Ecriture nous exhorte à cette pratique lorsqu’elle dit: « Révèle ta conduite au Seigneur et espère en lui » ; ⁴⁶et encore: « Confessez-vous au Seigneur, parce qu'il est bon, parce que sa miséricorde est à jamais. » ⁴⁷De même le Prophète: « Je t'ai fait connaître mon péché, et je n'ai pas caché mon iniquité; ⁴⁸j'ai dit: je proclamerai contre moi mes transgressions au Seigneur, et tu m'as pardonné l'impiété de mon cœur. »


❇ ❇ ❇

… pour chaque jour

Fixons nos regards sur le sang du Christ, et comprenons combien il a de valeur pour son Père, puisque, répandu pour notre salut, il a procuré au monde entier la grâce de la conversion.
Parcourons toutes les générations et nous apprendrons que, de génération en génération, le Maître a offert la possibilité de se convertir à tous ceux qui voulaient se retourner vers lui. Noé prêcha la conversion, et ceux qui l'écoutèrent furent sauvés. Jonas annonça aux Ninivites la destruction qui les menaçait. Ils se repentirent de leurs péchés, ils apaisèrent Dieu par leurs supplications et ils obtinrent le salut, bien qu’étrangers à Dieu. 
Les ministres de la grâce de Dieu, sous l'inspiration de l'Esprit Saint, ont parlé de la conversion. Le Maître de l'univers lui-même en a parlé avec serment : Aussi vrai que je suis vivant, parole du Seigneur, je ne veux pas la mort du pécheur mais sa conversion. Et il ajoute cette sentence pleine de bonté : Convertissez-vous, maison d'Israël, de votre iniquité. Dis aux fils de mon peuple : Vos péchés monteraient-ils de la terre jusqu'au ciel, seraient-ils plus rouges que l'écarlate et plus noirs qu'un vêtement de deuil, si vous vous retournez vers moi de tout votre cœur et me dites : Père !, je vous écouterai comme un peuple saint. 
Voilà ce qu'il a fixé par sa volonté toute-puissante, parce qu'il veut faire participer tous ceux qu’il aime à la conversion. 
C'est pourquoi nous devons obéir à sa magnifique et glorieuse volonté. Implorons humblement sa miséricorde et sa bonté, prosternons-nous, tournons-nous vers sa compassion en abandonnant les préoccupations frivoles, la discorde et la jalousie qui conduisent à la mort.
Ayons d'humbles sentiments, mes frères, rejetons tous les sentiments de jactance, d'orgueil, de folie et de colère, et agissons selon l'Écriture. En effet l'Esprit Saint a dit : Que le sage ne s'enorgueillisse pas de sa sagesse, ni le riche de sa richesse, mais que celui qui veut s'enorgueillir s'enorgueillisse, dans le Seigneur, de le chercher, et de pratiquer le droit et la justice. Souvenons-nous surtout des paroles du Seigneur Jésus, lorsqu'il nous enseignait la bienveillance et la patience. Car il parlait ainsi : Soyez miséricordieux, pour qu'on vous fasse miséricorde ; pardonnez, afin qu'on vous pardonne ; comme vous agissez, ainsi on agira avec vous ; comme vous donnez, ainsi on vous donnera ; comme vous jugez, c'est ainsi que vous serez jugés ; comme vous exercerez la bonté, ainsi sera-t-elle exercée envers vous ; la mesure dont vous vous servez pour les autres servira aussi pour vous. 
Attachons-nous fermement à ce précepte et à ces commandements, afin de nous conduire en obéissant à ces paroles sacrées, avec d'humbles sentiments. Car voici ce que dit la parole sainte : Vers qui tournerai-je mon regard, sinon vers l’homme doux, pacifique, qui tremble à mes paroles ? 
Puisque nous avons part à des actions si nombreuses, grandes et éclatantes, qui nous ont été données en exemple, tournons de nouveau notre course vers le but qui nous a été proposé dès le commencement, vers la paix. Regardons attentivement le Père et créateur du monde entier, attachons-nous à ses bienfaits magnifiques et insurpassables, qu'il nous donne dans la paix. 

(SAINT CLÉMENT DE ROME, Lettre aux Corinthiens)








 28 mai

Que tout soit commun à tous…
(Règle de Saint Benoît 33,6)



La Règle de Saint Benoît…

RB 7,10-18 (L'humilité)

¹⁰Voici donc le premier degré d'humilité: se remettant toujours devant les yeux la crainte de Dieu, il consiste à fuir toute négligence et à se rappeler sans cesse tout ce que Dieu a commandé. ¹¹On repassera constamment dans son esprit, d'une part, comment la géhenne brûle, pour leurs péchés, ceux qui méprisent Dieu, et comment, d'autre part, la vie éternelle récompense ceux qui le craignent. ¹²Se gardant, à toute heure, des péchés et des vices des pensées, de la langue, des mains et de la volonté propre, ainsi que des désirs de la chair, ¹³l'homme estimera que Dieu, du haut du ciel, le regarde à tout moment, qu'en tout lieu le regard de la divinité voit ses actes et que les anges les lui rapportent à tout moment. ¹⁴Le Prophète nous le révèle, lorsqu’il affirme que Dieu est toujours présent à nos pensées: « Dieu scrute les cœurs et les reins »; ¹⁵et de même: « Le Seigneur connaît les pensées des hommes », ¹⁶et encore: « Tu as compris de loin mes pensées », ¹⁷et: « La pensée de l'homme te sera découverte. » ¹⁸Aussi, pour être vigilant sur ses pensées perverses, le vrai moine répètera toujours dans son cœur: « Je serai sans tache devant lui, si je me tiens en garde contre mon iniquité. »



… pour chaque jour

Prenez garde, mes bien-aimés, que les nombreux bienfaits du Seigneur ne tournent à notre condamnation, si nous ne menons pas une vie digne de lui, en pratiquant dans la concorde ce qui est bien et agréable à ses yeux. Il dit en effet quelque part : L'Esprit du Seigneur est une lampe qui pénètre au fond des entrailles.
 
Considérons combien il est proche, et que rien ne lui échappe de nos pensées ni de nos calculs. Il est donc juste que nous ne désertions pas sa volonté. Il vaut mieux nous heurter à des hommes déraisonnables, insensés, pleins d'orgueil et d'arrogance, plutôt qu'à Dieu. Révérons le Seigneur Jésus Christ, dont le sang a été donné pour nous ; respectons nos chefs ; honorons les anciens ; instruisons les jeunes gens en leur enseignant la crainte de Dieu ; dirigeons nos femmes vers le bien. Que l'on reconnaisse en elles le charme de la chasteté ; qu'elles se montrent sincèrement décidées à la douceur ; qu'elles manifestent leur silence, la modération de leur langue ; qu'elles exercent la charité non pas selon leur attrait mais de façon sainte et impartiale envers tous ceux qui craignent Dieu.
 
Que vos enfants bénéficient de l'éducation dans le Christ ; qu'ils apprennent quelle est auprès de Dieu la puissance de l'humilité, quel est auprès de lui le pouvoir d'un amour chaste, combien la crainte de Dieu est belle et grande, capable de sauver ceux qui la pratiquent saintement avec un cœur pur. Car il pénètre nos pensées et nos désirs, son souffle est en nous et il le reprendra quand il voudra.
 
Tout cela est garanti par la foi dans le Christ. C'est lui en effet qui nous invite ainsi par la voix du Saint-Esprit : Venez, mes enfants, écoutez-moi; je vous enseignerai la crainte du Seigneur. Quel est l'homme qui désire la vie, qui désire voir des jours de bonheur ? Garde ta langue du mal, et tes lèvres de la parole trompeuse. Détourne-toi du mal et fais le bien. Recherche la paix et poursuis-la.
 
Le Père, compatissant en tout et prodigue de bienfaits, est miséricordieux envers ceux qui le craignent. Avec douceur et bonté, il répand ses grâces sur ceux qui s'approchent de lui avec un cœur simple. Aussi, n'ayons pas une âme double, et ne tirons pas avantage de ses dons magnifiques et glorieux. 

(CLÉMENT de ROME, Lettre aux Corinthiens)

* Enluminure - Ms Abbaye de Maredret











 21 septembre

Ecoute, mon fils, et prête l’oreille de ton cœur…

(Règle de Saint Benoît – Prologue 1)




La Règle de Saint Benoît...

RB 4,63-78 (Les instruments des bonnes œuvres)

⁶³Accomplir, tous les jours, par ses œuvres les préceptes de Dieu.
⁶⁴Aimer la chasteté.
⁶⁵Ne haïr personne.
⁶⁶Ne pas avoir de jalousie.
⁶⁷Ne pas agir par envie.
⁶⁸Ne pas aimer à contester.
⁶⁹Fuir l'élèvement.
⁷⁰Vénérer les anciens.
⁷¹Aimer les plus jeunes.
⁷²Par amour du Christ, prier pour ses ennemis.
⁷³Se réconcilier avant le coucher du soleil, avec qui on est en discorde.
⁷⁴Et ne jamais désespérer de la miséricorde de Dieu.
⁷⁵Voilà quels sont les instruments de l'art spirituel.
⁷⁶Si, jour et nuit, sans relâche, nous nous en servons, quand, au jour du jugement, nous les remettrons, le Seigneur nous donnera la récompense qu'il a promise lui-même:
⁷⁷« Ce que l'œil n'a pas vu, ce que l'oreille n'a pas entendu, ce que Dieu a préparé pour ceux qui l'aiment. »
⁷⁸Or l'atelier où nous devons travailler diligemment avec tous ces instruments, c'est le cloître du monastère avec la stabilité dans la communauté.


St. Benoît - E. Weinert



... pour chaque jour

Celui qui a l'amour dans le Christ, qu'il pratique les commandements du Christ. Ce lien en quoi consiste l'amour de Dieu, qui pourra l'expliquer ? La grandeur de sa beauté, qui est capable de l'exprimer ? Elles sont indicibles, les hauteurs où nous porte l'amour. L'amour nous unit à Dieu. L'amour couvre la multitude des péchés. L'amour supporte tout ; l'amour est patient pour tout ; rien de mesquin dans l'amour, rien de méprisant ; l'amour ne connaît pas la division, ne pousse pas à la révolte ; l'amour agit toujours dans la concorde ; c'est dans l'amour que tous les élus de Dieu ont obtenu la perfection ; sans l'amour, rien n'est agréable à Dieu. C'est dans l'amour que le Maître nous a fait venir à lui. C'est à cause de son amour pour nous que Jésus Christ notre Seigneur a donné son sang pour nous, selon la volonté de Dieu, sa chair pour notre chair, sa vie pour nos vies.
 
Vous voyez, mes bien-aimés, combien l'amour est quelque chose de grand et d'admirable : il est impossible d'expliquer sa perfection. Qui sera capable d'y atteindre sinon ceux que Dieu en a rendus dignes ? Prions-le donc, et demandons à sa miséricorde de nous trouver dans l'amour, purs de tout parti pris humain et irréprochables. Depuis Adam jusqu'aujourd'hui, toutes les générations ont disparu ; mais ceux qui, par la grâce de Dieu, ont obtenu la perfection de l'amour, demeurent dans le séjour des saints, qui seront manifestés lorsque le Christ, dans son règne, viendra nous visiter. Comme dit l'Écriture : Entrez un instant dans vos chambres, jusqu'à ce que ma colère et ma fureur soient passées. Je tiendrai compte d'un jour de fête et je vous ferai sortir de vos tombeaux.
 
Heureux sommes-nous, mes bien-aimés, si nous accomplissons les commandements de Dieu dans la concorde qui vient de l'amour, pour que nos péchés soient pardonnés à cause de l'amour. L'Écriture dit en effet: Heureux ceux dont les iniquités sont pardonnées, dont les péchés sont effacés. Heureux l'homme à qui le Seigneur n'impute aucune faute, dont la bouche ignore le mensonge. Cette béatitude concerne ceux que Dieu a élus par Jésus Christ notre Seigneur. À lui la gloire pour les siècles des siècles. Amen.
 
(Saint Clément de Rome, Lettre aux Corinthiens)