27 janvier




La Règle de Saint Benoît…

RB 7,10-18 (L'humilité)

¹⁰Voici donc le premier degré d'humilité: se remettant toujours devant les yeux la crainte de Dieu, il consiste à fuir toute négligence et à se rappeler sans cesse tout ce que Dieu a commandé. ¹¹On repassera constamment dans son esprit, d'une part, comment la géhenne brûle, pour leurs péchés, ceux qui méprisent Dieu, et comment, d'autre part, la vie éternelle récompense ceux qui le craignent. ¹²Se gardant, à toute heure, des péchés et des vices des pensées, de la langue, des mains et de la volonté propre, ainsi que des désirs de la chair, ¹³l'homme estimera que Dieu, du haut du ciel, le regarde à tout moment, qu'en tout lieu le regard de la divinité voit ses actes et que les anges les lui rapportent à tout moment. ¹⁴Le Prophète nous le révèle, lorsqu’il affirme que Dieu est toujours présent à nos pensées: « Dieu scrute les cœurs et les reins »; ¹⁵et de même: « Le Seigneur connaît les pensées des hommes », ¹⁶et encore: « Tu as compris de loin mes pensées », ¹⁷et: « La pensée de l'homme te sera découverte. » ¹⁸Aussi, pour être vigilant sur ses pensées perverses, le vrai moine répètera toujours dans son cœur: « Je serai sans tache devant lui, si je me tiens en garde contre mon iniquité. »



… pour chaque jour

Vivons toujours dans la concorde, en étant humbles et chastes, en nous tenant éloignés de toute récrimination et de toute médisance, en nous montrant justes par nos actes et non par des paroles. Il est dit en effet : Celui qui parle beaucoup devra écouter à son tour ; le beau parleur s’imagine-t-il qu’il est juste ?
Il faut que nous soyons toujours empressés à faire le bien, car c'est de Dieu que nous viennent toutes choses. Il nous en avertit : Voici le Seigneur, et le salaire est avec lui, afin de rendre à chacun selon ses œuvres. Il nous exhorte donc à croire en lui de tout notre cœur, à ne rester ni paresseux ni indolents devant toute œuvre bonne. Mettons en lui notre fierté et notre assurance ; soumettons-nous à sa volonté ; songeons à toute la multitude de ses anges, et comment ils se tiennent devant lui pour accomplir sa volonté. L'Écriture dit en effet : Des myriades de myriades se tenaient auprès de lui et mille milliers étaient à son service ; et ils criaient : Saint, saint, saint, le Seigneur Sabaoth ; toute la création est remplie de sa gloire.  
Nous donc aussi, d'un seul cœur, réunis dans la concorde intérieure des consciences, crions vers lui instamment comme d'une seule bouche, afin de devenir participants de ses grandes et glorieuses promesses. Car il est dit : L'œil n'a pas vu, l'oreille n'a pas entendu, le cœur de l'homme ne peut concevoir tout ce qu’il a préparé pour ceux qui l’attendent.
Mes bien-aimés, comme les dons de Dieu sont bénis et admirables ! La vie dans l'immortalité, la splendeur dans la justice, la vérité dans la liberté de parole, la foi dans la confiance, la maîtrise de soi dans la sanctification et tout cela est mis à la portée de notre intelligence ! Quels sont donc les biens préparés pour ceux qui l'attendent ? Le Créateur et Père des siècles, le Très-Saint, en sait le nombre et la beauté.
Luttons donc pour être mis au nombre de ceux qui attendent, afin de participer aux dons qu'il a promis. Mais comment cela se fera-t-il, mes bien-aimés ? Si notre pensée s'attache à Dieu avec foi, si nous recherchons ce qui lui plaît et ce qu'il approuve. Si nous accomplissons ce qui convient à sa volonté irréprochable, et si nous suivons le chemin de la vérité en rejetant loin de nous toute injustice.
 

(SAINT CLÉMENT DE ROME [° ? – 〸v.99], Lettre aux Corinthiens)









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