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 15 mars

Ne pas vouloir être appelé saint avant de l’être,
mais le devenir d’abord,
alors on le sera appelé avec plus de vérité.
(Règle de Saint Benoît 4,62)



La Règle de Saint Benoît…

RB 36,1-10 (Les frères malades)

¹On prendra soin des malades avant tout et par-dessus tout. On les servira comme s'ils étaient le Christ en personne, ²puisqu’il a dit: « J'ai été malade et vous m'avez visité », ³et « ce que vous avez fait à l'un de ces petits, c'est à moi que vous l'avez fait. » ⁴De leur côté, les malades considéreront que c'est en l'honneur de Dieu qu'on les sert. Aussi ils ne mécontenteront pas par des exigences superflues les frères qui les servent. ⁵Éventuellement, il faudrait cependant les supporter avec patience, parce qu'il en revient plus de mérite. ⁶L'abbé veillera donc avec un très grand soin à ce que les malades ne souffrent d'aucune négligence. ⁷On assignera aux frères malades un logis particulier et, pour leur service, un frère craignant Dieu, diligent et soigneux. ⁸On offrira aux malades l'usage des bains toutes les fois qu'il sera expédient; mais on l'accordera plus rarement aux bien-portants, principalement aux jeunes. ⁹On concédera également aux malades tout à fait débiles l'usage de la viande afin de réparer leurs forces; mais lorsqu'ils seront rétablis, ils s'en abstiendront tous, comme à l'ordinaire. ¹⁰L'abbé veillera donc avec un très grand soin à ce que les cellériers et les servants ne négligent point les malades; c'est lui-même, en effet, qui est responsable de tout manquement commis par ses disciples.



… pour chaque jour

La gloire de l'homme c'est Dieu ; mais le propre de l'homme, c'est de recevoir l'œuvre de Dieu, toute sa sagesse et sa force. Comme un médecin fait ses preuves auprès des malades, ainsi Dieu se manifeste aux hommes. Et voilà pourquoi Paul déclare : Dieu a tout enfermé dans l'incrédulité, pour accorder à tous sa miséricorde ; et il disait cela de l'homme : l'homme avait désobéi à Dieu, et avait été rejeté de l'immortalité ; il a ensuite obtenu par le Fils de Dieu la miséricorde qui lui permet de recevoir par le Fils l'adoption filiale.
Car celui qui, sans orgueil ni prétention, garde la vérité quant aux choses créées, et quant au Créateur, Dieu, le maître de toutes les choses auxquelles il donne d'être, celui-là qui demeure dans son amour, dans la soumission et l'action de grâce, il recevra de Dieu une gloire plus grande et de devenir progressivement semblable à celui qui est mort pour nous.
Car voici que le Verbe s'est fait semblable à la chair de péché : cela d'abord pour condamner le péché et, en tant que condamné, le rejeter hors de la chair, cela aussi pour inciter l'homme à lui devenir semblable en lui donnant mission d'être l'imitateur de Dieu, en le rangeant sous l'obédience du Père, pour qu’il voie Dieu, et en lui donnant de saisir le Père.
Oui, c'est le Verbe de Dieu, qui a habité en l'homme, et qui s'est fait fils de l'homme, pour habituer l'homme à recevoir Dieu, et habituer Dieu à habiter en l’homme comme cela paraissait bon au Père.
Voilà pourquoi le Seigneur lui-même nous a donné le signe de notre salut ; c'est Dieu parmi nous né de la Vierge. En effet le Seigneur lui-même a sauvé les hommes, car les hommes ne pouvaient d'eux-mêmes se sauver. Cette infirmité de l'homme, Paul la proclame en ces termes : Je sais que le bien n'habite pas en ma chair. Il veut dire par là que le bien de notre salut ne vient pas de nous mais de Dieu. Il dit encore: Pauvre de moi, qui me libérera de ce corps de mort ? et il nous présente alors le libérateur : la grâce de Jésus Christ notre Seigneur. Isaïe a dit de même : Soyez fermes, mains molles et genoux tremblants. Courage ! Cœurs faibles. Soyez fermes et ne craignez pas! Voici notre Dieu : il prononcera son jugement et rendra justice : il viendra lui-même nous sauver. Car nous ne pouvons être sauvés par nous-mêmes, mais par le secours de Dieu.
 

(SAINT IRÉNÉE DE LYON [°v.130 – 〸v.202], Traité contre les hérésies)









 13 août

On servira les malades
comme s’ils étaient le Christ en personne
puisqu’il a été dit :
« J’ai été malade et vous m’avez visité ».
(Règle de Saint Benoît 36,2)


Faune & flore au Moulin...

La Règle de Saint Benoît…

RB 59,1-8 (Les fils de notables ou de pauvres qui sont offerts)

¹Lorsqu'une personne de condition notable veut offrir son fils à Dieu dans le monastère, et si c'est un jeune enfant, ses parents rédigeront eux-mêmes la demande écrite dont nous avons parlé. ²Ils envelopperont cette demande et la main de l'enfant, avec l'offrande, dans la nappe de l'autel, et ils l'offriront ainsi. ³Quant à leurs biens, ils promettront sous serment, dans la demande même, de ne jamais rien lui en donner, ni par eux-mêmes, ni par personne interposée, ni d'aucune manière, ni même de lui fournir l'occasion d'en posséder ; ⁴ou bien, s'ils ne veulent pas agir ainsi, et qu'ils veuillent cependant offrir quelque chose en aumône au monastère comme rétribution, ⁵ils en feront donation à la communauté, s'en réservant l'usufruit durant leur vie, s'il leur plaît. ⁶De la sorte, on fermera à l'enfant toute sortie, si bien qu'il ne lui restera aucun espoir, qui ne servirait - ce qu'à Dieu ne plaise - qu'à le tromper et à le perdre, comme nous l'avons appris par l'expérience. ⁷Les moins fortunés agiront de même. ⁸Ceux qui ne possèdent absolument rien, feront simplement la demande écrite et offriront leur fils, avec l'offrande, en présence de témoins.

❋ ❋ ❋

… pour chaque jour

L'oblation de l'Église, que le Seigneur nous a appris à offrir dans le monde entier, est réputée sacrifice pur auprès de Dieu et lui est agréable. Non qu'il ait besoin d'un sacrifice de notre part, mais celui qui offre est lui-même glorifié en ce qu'il offre, si son présent est accepté. Par ce présent, en effet, se manifestent l'honneur et la gloire que nous rendons au roi, et le Seigneur veut que nous offrions ce présent en toute simplicité et innocence ; il a proclamé: Lorsque tu offres ton présent à l'autel, si tu te souviens que ton frère en a quelque chose contre toi, laisse ton offrande devant l'autel, et va d'abord te réconcilier avec ton frère ; puis au retour, offre ton présent. Il faut donc offrir à Dieu les prémices de ses créatures, comme le dit Moïse: Tu ne paraîtras pas devant le Seigneur ton Dieu, les mains vides. Exprimant ainsi à Dieu sa reconnaissance par ce dont il a été gratifié, l'homme recevra l’honneur qui vient de lui.
 
Ce n'est pas la notion d'oblation qui a été blâmée : il y avait des oblations là-bas, il y en a ici aussi ; il y avait des sacrifices dans le peuple, il y en a également dans l'Église. L'espèce en a seule été changée, ce n'est plus par des esclaves, mais par des hommes libres qu'est faite l'offrande.
 
Il n'y a qu'un seul et même Seigneur, mais il y a un caractère propre à l'oblation des esclaves, et un caractère propre à l'oblation des hommes libres, de sorte que même à travers les oblations se manifeste la marque de la liberté. Rien n'est oiseux, ni dépourvu de sens ou de signification auprès de lui. Voilà pourquoi ceux-là consacraient la dîme de leurs biens, mais ceux-ci qui participent à la liberté offrent tout ce qu'ils possèdent au service du Seigneur. Et donnent joyeusement et généreusement des biens moindres, parce qu'ils ont l'espérance de plus grands. C'est la pauvre veuve jetant ici toute sa subsistance dans le trésor de Dieu.
 
Il nous faut faire offrande à Dieu, et en toutes choses témoigner notre reconnaissance au Dieu créateur, en lui offrant les prémices de ses propres créatures, avec des intentions pures et une foi sans hypocrisie, une espérance ferme, une charité brûlante. Cette oblation, l'Église seule l'offre pure au Créateur, en lui offrant avec action de grâce ce qui provient de sa création. Nous lui offrons ce qui lui appartient, proclamant et confessant avec cohérence l'intercession, l'unité et la résurrection de la chair et de l'esprit. Le pain qui vient de la terre, après avoir reçu l'invocation du Seigneur, n'est plus du pain ordinaire, mais l'eucharistie, constituée de deux choses : l'une terrestre et l'autre céleste : de la même manière, nos corps qui participent aussi à l'eucharistie, ne sont plus corruptibles, mais portent l'espérance de la résurrection. 

(SAINT IRÉNÉE DE LYON, Traité contre les hérésies)


Faune & flore au Moulin...





 4 novembre

On ne préférera donc rien à l’Œuvre de Dieu.

(Règle de Saint Benoît 43,3)




La Règle de Saint Benoît...

RB 28,1-8 (Ceux qui, souvent repris, refusent de se corriger) 

¹Si un frère, après avoir été fréquemment repris pour quelque faute et même après avoir été excommunié, ne s'amende pas, on lui infligera une correction plus rude, c'est-à-dire on procédera contre lui par le châtiment des verges. ²Que s'il ne se corrige pas encore, ou que, peut-être, enflé d'orgueil, ce que Dieu ne permette pas, il veuille même défendre sa conduite, l'abbé fera alors ce que fait un sage médecin : ³employer les cataplasmes, les onguents des exhortations, les remèdes des divines Écritures, enfin la brûlure de l'excommunication et les coups de verges. ⁴S'il voit que toute son habileté n'a rien obtenu, il emploiera alors un moyen plus efficace, sa prière et celle de tous les frères pour lui, ⁵afin que le Seigneur, qui peut tout, rende la santé à ce frère malade. ⁶Mais si ce remède n'opérait pas la guérison, l'abbé prendra alors le fer qui retranche, selon la parole de l'Apôtre: « Otez le mal d'entre vous. » ⁷Et encore: « Si l'infidèle s'en va, qu'il s'en aille », ⁸de peur qu'une brebis malade ne contamine tout le troupeau.



St Benoît  - P. de Grauw


... pour chaque jour

La gloire de l'homme c'est Dieu ; mais le propre de l'homme, c'est de recevoir l'œuvre de Dieu, toute sa sagesse et sa force. Comme un médecin fait ses preuves auprès des malades, ainsi Dieu se manifeste aux hommes. Et voilà pourquoi Paul déclare : Dieu a tout enfermé dans l'incrédulité, pour accorder à tous sa miséricorde ; et il disait cela de l'homme : l'homme avait désobéi à Dieu, et avait été rejeté de l'immortalité ; il a ensuite obtenu par le Fils de Dieu la miséricorde qui lui permet de recevoir par le Fils l'adoption filiale.

(Saint Irénée de Lyon, Traité contre les hérésies)






 3 septembre

En tout lieu, c’est un seul Seigneur que l’on sert…

(Règle de Saint Benoît 61,10)




La Règle de Saint Benoît...

RB Prol 14-20 (Prologue)

¹⁴Le Seigneur, cherchant son ouvrier dans la foule du peuple à laquelle il crie, dit encore: ¹⁵« Quel est l'homme qui veut la vie et désire voir des jours heureux ? » ¹⁶Que si, à cette demande, tu lui réponds: « C'est moi », Dieu te réplique: ¹⁷« Si tu veux avoir la vie véritable et éternelle, interdis le mal à ta langue et à tes lèvres toute parole trompeuse; détourne-toi du mal et fais le bien; cherche la paix avec ardeur et persévérance. » ¹⁸Et lorsque vous agirez de la sorte, mes yeux seront sur vous et mes oreilles attentives à vos prières, et avant même que vous ne m'invoquiez, je vous dirai: « Me voici. » ¹⁹Quoi de plus doux, frères très chers, que cette voix du Seigneur qui nous invite? ²⁰Voyez comme le Seigneur lui-même, dans sa bonté, nous montre le chemin de la vie.


St. Benoît - E. Weinert


... pour chaque jour

La splendeur de Dieu est vivifiante : ceux qui voient Dieu, reçoivent la vie. C'est pourquoi, lui, l'insaisissable, l'incompréhensible, l'invisible, se donne aux hommes, en se rendant visible, compréhensible et saisissable, pour vivifier ceux qui le reçoivent et ceux qui le voient. […] Car vivre sans la vie, c'est impossible : la substance de la vie vient de la participation à Dieu ; et participer à Dieu, c'est voir Dieu et jouir de sa bonté.

Ainsi les hommes verront Dieu pour vivre : par cette vue, ils deviennent immortels et arrivent à Dieu. Je l'ai dit, il était annoncé en image par les prophètes que Dieu serait vu des hommes qui portent son Esprit et sans cesse attendent sa venue. C'est ainsi que Moïse dit dans le Deutéronome: En ce jour-là, nous verrons, car Dieu parlera à l'homme, et l'homme vivra.

La puissance et la grandeur de celui qui opère tout en tous est invisible et inexprimable pour tous ceux qui ont été faits par lui ; toutefois il ne leur est pas inconnu : tous apprennent de son Verbe qu'il n'y a qu'un seul Dieu Père qui contient tout et donne l'être à toutes choses : ainsi qu'il est écrit dans l'Évangile: Nul n'a jamais vu Dieu ; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, lui, l'a révélé.

Depuis le commencement, le Fils est l'exégète du Père, puisqu'il est depuis le commencement auprès du Père : au temps voulu, il a montré aux hommes pour leur profit les visions prophétiques, la variété des charismes, ses ministères et la glorification du Père, de façon cohérente et claire : Qui dit cohésion dit harmonie, qui dit harmonie dit temps voulu, et qui dit temps voulu dit profit. C'est pourquoi le Verbe s'est fait le dispensateur de la gloire du Père au profit des hommes pour qui il accomplit de telles économies : ainsi il montre Dieu aux hommes, et présente l'homme à Dieu, tout en préservant l'invisibilité du Père, de peur que l'homme n'en vienne à mépriser Dieu, mais, en même temps, pour qu'il ait toujours des progrès en vue, il rend Dieu visible aux hommes en le montrant par de nombreuses économies, de peur que, totalement privé de Dieu, l'homme cesse d'être. Car la gloire de Dieu, c'est l'homme vivant, et la vie de l'homme, c'est la vue de Dieu. Si la révélation de Dieu par la création donne la vie à tout être vivant sur la terre, combien plus la manifestation du Père par le Verbe donne-t-elle la vie à ceux qui voient Dieu !

(Saint Irénée de Lyon, Contre les hérésies)