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 10 août

Les offices des Laudes et des Vêpres
ne devront jamais se conclure sans que le supérieur dise,
en dernier lieu, en entier, et au milieu de l’attention générale, 
l’oraison dominicale,
à cause des épines de querelles
qui ont accoutumé de se produire.
(Règle de Saint Benoît 13,12)



La Règle de Saint Benoît…

RB 57,1-9 (Les artisans du monastère)

¹S'il y a des artisans dans le monastère, ils exerceront leur métier en toute humilité, à la condition que l'abbé le leur permette. ²Si l'un d'eux venait à s'enorgueillir de ce qu'il sait faire, se persuadant qu'il apporte quelque profit au monastère, ³on lui interdira l'exercice de son métier et il ne s'en occupera plus, à moins qu'il ne se soit humilié et que l'abbé ne lui ait commandé d'y retourner. ⁴Si l'on doit vendre des ouvrages de ces artisans, ceux qui feront la transaction se garderont bien de commettre aucune fraude. ⁵Ils se souviendront toujours d'Ananie et de Saphire, de peur que la mort que ceux-ci subirent dans leur corps, ils ne la subissent dans leur âme, ⁶eux et tous ceux qui commettraient de la fraude au sujet des biens du monastère. ⁷Pour ce qui concerne les prix, on verra à ce que l'avarice ne s'y glisse pas. ⁸Au contraire, on vendra un peu moins cher que les séculiers, ⁹« afin qu'en tout Dieu soit glorifié. »



… pour chaque jour

Des artisans du monastère. Humilité, crainte de Dieu. Toujours référence à Dieu, dans la maison de Dieu. Nous maintenir dans cette conviction que les dons les plus précieux, nous les tenons de Dieu afin de les mettre au service de sa gloire dans l’exercice de la charité fraternelle. D’où l’intransigeance de saint Benoît. Un artisan aurait-il des dons sensationnels, propres à susciter un certain prestige et à attirer des profits importants pour la communauté ; qu’à cela ne tienne : il en sera comme du vase d’huile jeté par la fenêtre en pleine disette : sans parfaite dépendance, sans humilité, ces richesses deviennent un chancre  qu’il faut retrancher. C’est comme une profanation de ce qui appartient à Dieu, « à moins qu’il ne s’humilie ». Cela est bon à entendre, quoi que nous ayons à faire au monastère.
Ceci dit, nous sommes bien placés pour porter un regard admiratif sur les dons répandus par Dieu chez nos frères. Que tout remonte en louange à Dieu, dans la maison de Dieu.

Écoute, 1965

(Dom DENIS HUERRE osb [°1915 – 〸2016], Quel est l’homme qui désire voir des jours heureux ? Commentaires de la Règle de saint Benoît, préface du P. Luc Cornuau osb, abbé de la Pierre-qui-Vire, Saint-Léger Éditions, 2023, p. 563-564)









 30 juin

… L’abbé se conduira avec discernement et modération.
(Règle de Saint Benoît 64,17)



La Règle de Saint Benoît…

RB 23,1-5 (L'excommunication pour les fautes)

¹S'il se rencontre quelque frère récalcitrant ou désobéissant ou orgueilleux ou murmurateur ou qui viole en quelque point la sainte Règle ou les ordres de ses anciens, et cela avec mépris, ²il sera averti par ses anciens, une et deux fois selon le précepte de Notre-Seigneur, en particulier. ³S'il ne s'amende pas, on le réprimandera publiquement devant tous. ⁴Si, malgré cela, il ne se corrige pas, qu'il soit excommunié, s'il comprend la gravité de cette peine. ⁵Mais s'il est endurci, qu'il soit puni par un châtiment corporel.



… pour chaque jour

De l’excommunication. Ces chapitres sur l’excommunication nous manifestent, par contraste, que le monastère doit être une communion d’hommes. Saint Benoît parle, incidemment, de ceux qui ne pourraient pas comprendre le sens de l’excommunication. Ce serait ceux qui n’ont pas saisi comment la charité de Dieu s’exprime par et dans l’unité entre les hommes. Ou encore (et ici on peut s’inspirer du début de la 1ière Épître aux Corinthiens 1,10) ceux qui n’auraient pas pris toute la mesure de leur consécration au Christ : c’est le Christ qui fait notre unité, car sa Personne, attirant chacun de nous à soi, nous attache les uns aux autres par ce qu’il y a en nous de plus profond. Les causes de division sont toujours moindres que la raison de notre unité, le Christ. Aussi bien, pour éviter les divisions, reconstituer notre unité, construire le corps de la communauté monastique, faut-il sans cesse répondre à la motion intérieure qui nous attache, d’abord et avant tout, à Jésus-Christ.

Écoute, 1968

(Dom DENIS HUERRE osb [°1915 – 〸2016], Quel est l’homme qui désire voir des jours heureux ? Commentaires de la Règle de saint Benoît, préface du P. Luc Cornuau osb, abbé de la Pierre-qui-Vire, Saint-Léger Éditions, 2023, p. 335)









 28 juin




La Règle de Saint Benoît…

RB 21,1-7 (Les doyens du monastère)

¹Si la communauté est nombreuse, on choisira quelques-uns d'entre les frères qui sont de bonne réputation et de sainte vie, et on les établira doyens. ²Ils veilleront en tout sur leurs décanies, conformément aux commandements de Dieu et aux ordres de leur abbé. ³On choisira pour doyens ceux des moines avec lesquels l'abbé puisse en toute sécurité partager son fardeau. ⁴On ne les choisira pas selon leur ancienneté dans la communauté, mais selon le mérite de leur vie et la sagesse de leur doctrine. ⁵Si, par hasard, l'un d'eux, enflé d'orgueil, mérite répréhension, on le corrigera une première, une deuxième et une troisième fois. S'il ne veut pas s'amender, on le déposera ⁶et on mettra à sa place un autre qui en soit digne. ⁷Nous établissons la même règle au sujet du prieur.



… pour chaque jour

Pour les établir doyens. Le Christ Jésus, louange vivante de Dieu, modèle du moine. Jésus, qui sur terre, eût été le seul à n’avoir pas de chef, a voulu au contraire être dépendant. Aucun homme ne l’a été plus que lui. Dépendance non seulement de son Père, mais dépendance parfaite de Marie, sa mère, de Joseph. Dépendance de tous les hommes, image de sa dépendance du Père. C’est ainsi que le Christ a voulu ici-bas offrir à son Père une louange parfaite, adhésion de sa volonté au bon plaisir du Père : « Je fais toujours ce qui lui plaît », « Père, je vous ai glorifié sur la terre »…
Les supérieurs sont là pour nous aider à modeler notre volonté sur la volonté de Dieu et à devenir ainsi des louanges vivantes. Pour nous laisser travailler par l’obéissance religieuse, il faut beaucoup de prière, prière courageuse et persévérante. Prière et obéissance s’attirent mutuellement. Celui qui obéit par amour a soif de prière, et celui qui prie désire toujours plus obéir pour prouver à Dieu son amour et le mieux louer.

Écoute, 1958

(Dom DENIS HUERRE osb [°1915 – 〸2016], Quel est l’homme qui désire voir des jours heureux ? Commentaires de la Règle de saint Benoît, préface du P. Luc Cornuau osb, abbé de la Pierre-qui-Vire, Saint-Léger Éditions, 2023, p. 328)









 22 juin

Qu’en tout Dieu soit glorifié.
(Règle de Saint Benoît 57,8)



La Règle de Saint Benoît…

RB 18,1-6 (En quel ordre il faut dire les psaumes)

¹D'abord on dira le verset: Dieu, viens à mon aide; Seigneur, hâte-toi de m'aider, et le Gloria. Puis viendra l'hymne propre à chaque Heure. ²Ensuite, à Prime, le dimanche, on dira quatre sections du psaume cent dix-huit; ³aux autres Heures, c'est-à-dire à Tierce, Sexte et None, on récitera trois sections du même psaume. ⁴À Prime du lundi, on dira trois psaumes, à savoir le premier, le second et le sixième; ⁵ainsi de suite, chaque jour à Prime, jusqu'au dimanche, on continuera, en suivant leur ordre, à réciter trois psaumes jusqu'au psaume dix-neuf: toutefois on partagera en deux les psaumes neuf et dix-sept. ⁶De cette façon, les psaumes du dimanche commenceront toujours par le psaume vingt.



… pour chaque jour

Deus in adjutorium meum. Dans notre prière, le plus important est ce qui a trait à la vie de Dieu en lui-même et en nous. En Dieu : la vie de Dieu. Nous sommes là pour y penser, nous en réjouir, en vivre. Que chaque Gloria Patri et Filio et Spiritui Sancto devienne un besoin, un cri du cœur. Cette vie de Dieu, la seule chose intéressante, elle est en nous. Nous savons que nous pouvons actuellement, à chaque instant, participer à la vie de Dieu en nous, par la foi, l’espérance, la charité. Chacun des actes de ces vertus nous fait entrer davantage en Dieu. Est-ce là notre grand, notre unique souci ? Aller à Dieu, le rencontrer, le posséder ? Pensons-nous à l’heure de notre rencontre avec Dieu, l’heure de notre mort ? Vivons ce mystère de la vie de Dieu parmi les hommes. C’est là la façon la plus efficace de travailler à l’unité de l’Église. Plus il y aura d’âmes intérieures, centrées sur Dieu, plus les liens se resserreront entre tous les frères séparés.

Écoute, 1960

(Dom DENIS HUERRE osb [°1915 – 〸2016], Quel est l’homme qui désire voir des jours heureux ? Commentaires de la Règle de saint Benoît, préface du P. Luc Cornuau osb, abbé de la Pierre-qui-Vire, Saint-Léger Éditions, 2023, p. 309-310)









 21 juin

Tous les hôtes qui arrivent seront reçus comme le Christ…
(Règle de Saint Benoît 53,1)



La Règle de Saint Benoît…

RB 17,1-10 (Combien de psaumes il faut dire à ces mêmes heures)

¹Nous avons jusqu'ici réglé l'ordre de la psalmodie pour les Vigiles et les Laudes; voyons maintenant ce qui concerne les heures suivantes. ²À Prime, on dira trois psaumes séparément et non sous un seul Gloria ; ³mais avant de commencer ces psaumes on dira l'Hymne de la même Heure, après le verset « Dieu, viens à mon aide ». ⁴Après les trois psaumes, on récitera une leçon, le verset, le Kyrie eleison, et le renvoi. ⁵Les offices de Tierce, Sexte et None se célèbreront de la même manière, c'est-à-dire: le verset « Dieu, viens à mon aide », l'hymne de ces Heures, trois psaumes, une leçon, le verset, Kyrie eleison, puis le renvoi. ⁶Si la communauté est nombreuse, on dira les psaumes avec antiennes; sinon on psalmodiera d'un trait. ⁷La réunion de Vêpres se composera de quatre psaumes avec antiennes ; ⁸ensuite, on récitera la leçon, le répons, l'hymne, le verset, le cantique de l'Évangile (Magnificat), la litanie, et par l'oraison dominicale se fera le renvoi. ⁹À Complies, on récitera simplement trois psaumes d'un trait, sans antienne, ¹⁰puis l'Hymne de cette Heure, une leçon, le verset, le Kyrie eleison, et, par la bénédiction se fera le renvoi.



… pour chaque jour

Une découverte à faire personnellement, si nous ne l’avons pas encore faite : la référence des psaumes au Christ. Une grande lumière alors s’en dégage. Les psautiers de Cîteaux comportent pour chaque psaume un titre qui se réfère au Christ. Cela est en continuité avec la tradition juive selon laquelle toute parole de l’Écriture – et spécialement les Psaumes – se référaient finalement au Messie. Quand nous prions les psaumes, prière du Christ, nous entrons dans la prière de toute l’Église, nous participons à Sa vie en ce qu’elle a de plus intime, car l’Église est essentiellement société de prière. Elle est le Temple où retentit sans cesse la louange parfaite. Disons plus : dans l’Église, chaque chrétien est le temple de cette louange parfaite. De même qu’il est congénital à l’Église d’être en état de prière, de même au chrétien de par sa grâce baptismale. Notre office divin réparti au cours de nos journées, en même temps qu’il est l’expression parfaite de notre prière, doit nous entraîner à faire de la prière comme la respiration de nos âmes. Prière chrétienne, même dans ses accents les plus suppliants, toujours victorieuse, marquée du signe de Pâques. D’où les accents de louange, de jubilation, qui sont le propre de la liturgie du ciel.

Écoute, 1962

(Dom DENIS HUERRE osb [°1915 – 〸2016], Quel est l’homme qui désire voir des jours heureux ? Commentaires de la Règle de saint Benoît, préface du P. Luc Cornuau osb, abbé de la Pierre-qui-Vire, Saint-Léger Éditions, 2023, p. 304-305)









 19 juin

La vie d’un moine devrait être, en tout temps,
aussi observante que durant le Carême.
(Règle de Saint Benoît 49,1)



La Règle de Saint Benoît…

RB 15,1-4 (Quand dire l'Alléluia)

¹Depuis la sainte Pâque jusqu'à la Pentecôte, on dira l'Alléluia sans exception, tant aux psaumes qu'aux répons. ²Depuis la Pentecôte jusqu'au commencement du Carême, on le dira chaque nuit avec les six derniers psaumes des Nocturnes seulement. ³Tous les dimanches hors du Carême, on dira avec l'Alléluia, les Cantiques, Laudes, Prime, Tierce, Sexte et None; mais les Vêpres se chanteront avec antienne. ⁴On ne dira jamais les répons avec l'Alléluia, sinon de Pâques à la Pentecôte.



… pour chaque jour

Alléluia est un chant céleste qui convient à ceux qui disent, avec le psalmiste et saint Benoît : « Je te célébrerai en présence des anges ». C’est en un seul mot, l’équivalent des doxologies (cantiques de louange) de l’Apocalypse ; telle, par exemple, celle que nous avons aux laudes du dimanche. Chanter l’Alléluia, c’est anticiper la Résurrection et la gloire éternelle, nous livrer dès maintenant à l’occupation qui ne finira pas. Sur cette terre, ce chant est alterné avec un autre également pris de l’Apocalypse (bien que nous ne l’utilisions pas sous cette forme dans la liturgie) : Maranatha, Viens Seigneur Jésus. La gloire en effet n’est pas pleinement manifestée et nous tendons avec espérance vers la venue du Christ.

Écoute, 1967

(Dom DENIS HUERRE osb [°1915 – 〸2016], Quel est l’homme qui désire voir des jours heureux ? Commentaires de la Règle de saint Benoît, préface du P. Luc Cornuau osb, abbé de la Pierre-qui-Vire, Saint-Léger Éditions, 2023, p. 294-295)









 15 juin




La Règle de Saint Benoît…

RB 12,1-4 (Comment célébrer la solennité des laudes)

¹Le dimanche, à Laudes, on dira d'abord sans antienne et d'un trait le psaume soixante-six. ²Ensuite le psaume cinquante avec Alléluia, ³et les psaumes cent-dix-sept et soixante-deux ; ⁴puis le cantique Benedicite et les psaumes Laudate, une leçon de l'Apocalypse par cœur, le répons, l'hymne, le verset, le cantique (Benedictus) de l'Evangile et la litanie, et l'office est achevé.







… pour chaque jour

Le dimanche, aux matines. Aux laudes du dimanche et des fêtes, nous psalmodions le psaume 62, avec ce verset qui décrit si bien ce qu’est souvent notre prière, « dans une terre aride, sans chemin, sans eau ». Rapprochons ce psaume de l’histoire d’Élie le prophète, si déçu de son impuissance qu’il ne songe plus qu’à se coucher, à dormir, à mourir. Il faut que l’Ange du Seigneur le réveille deux fois de suite et le remette sur la route de l’Horeb où il expérimentera intimement la douceur de Dieu (I Rois 19). Nous aussi, nous devons continuer dans la fidélité basée sur l’Espérance et nourrie de l’Eucharistie. Un jour viendra sûrement, sans erreur ni déception possibles, où nous entrerons dans la douceur de Dieu.

Écoute, 1967

(Dom DENIS HUERRE osb [°1915 – 〸2016], Quel est l’homme qui désire voir des jours heureux ? Commentaires de la Règle de saint Benoît, préface du P. Luc Cornuau osb, abbé de la Pierre-qui-Vire, Saint-Léger Éditions, 2023, p. 276)









 14 juin

Les moines doivent s’appliquer au silence en tout temps…
(Règle de Saint Benoît 42,1)



La Règle de Saint Benoît…

RB 11,1-13 (Comment célébrer les vigiles le dimanche)

¹Le dimanche, on se lèvera pour les Vigiles plus tôt que les autres jours. ²Voici l'ordre à suivre. Après avoir chanté, comme nous l'avons disposé ci-dessus, six paumes et le verset, tous les frères s'assiéront sur les bancs, en ordre et selon leur rang. On lira dans le livre, ainsi que nous l'avons déjà dit, quatre leçons avec leurs répons. ³Au quatrième répons seulement le chantre dira le Gloria. Dès le début de celui-ci, tous se lèveront avec révérence. ⁴Après les leçons, six autres psaumes suivront d'affilée, avec leurs antiennes, comme les précédents, puis le verset. ⁵Après quoi, on lira de nouveau quatre leçons avec leurs répons, selon l'ordre fixé plus haut. ⁶On dira ensuite trois cantiques tirés des Prophètes et déterminés par l'abbé. On les chantera avec Alléluia. ⁷Après le verset qui suit et la bénédiction de l'abbé, on lira encore quatre leçons du Nouveau Testament, selon le même ordre que plus haut. ⁸Après le quatrième répons, l'abbé entonnera le Te Deum laudamus. ⁹Cette hymne terminée, il lira la leçon de l'Evangile, tandis que tous les moines se tiendront debout, avec respect et crainte. ¹⁰À la fin de l'Evangile, ils répondront Amen. Aussitôt l'abbé ajoutera l'hymne Te decet laus, puis, la bénédiction donnée, on commencera les Laudes. ¹¹Cet ordre pour les Vigiles du dimanche sera suivi en toute saison, aussi bien en été qu'en hiver, ¹²sauf si - ce qu'à Dieu ne plaise, - les frères se fussent levés trop tard. En ce cas, on retrancherait quelque chose des leçons ou des répons. ¹³Qu'on prenne toutefois bien garde que ce désordre n'arrive point. S'il se produisait, celui qui l'a causé par sa négligence, en fera une juste satisfaction à Dieu dans l'oratoire.



… pour chaque jour

Sauf si – à Dieu ne plaise – on se lève en retard. De ce chapitre, retenons deux choses : notre office divin est plein d’adoration. L’adoration est un choix entre le vrai Dieu et les faux dieux. Elle exige le détachement de tant de choses. La vocation du moine est de pratiquer à fond le détachement afin d’adorer Dieu de tout son être. Puissions-nous adorer en esprit et en vérité. Ensuite, ce chapitre nous invite à ne pas rêver d’une vie de prière sans incidents et sans fautes. Il faut tout faire pour éviter les retards, et pourtant il y en aura toujours, si rares soient-ils. Il faut tout faire pour éviter de gêner ses voisins, et pratiquement nous aurons toujours à supporter nos voisins d’une façon ou d’une autre. Ne soyons pas de ces gens qui ne peuvent entendre une fausse note sans en être malade ; nous ne sommes pas au concert. S’appliquer à ne pas manifester ses impressions.

Écoute, 1962

(Dom DENIS HUERRE osb [°1915 – 〸2016], Quel est l’homme qui désire voir des jours heureux ? Commentaires de la Règle de saint Benoît, préface du P. Luc Cornuau osb, abbé de la Pierre-qui-Vire, Saint-Léger Éditions, 2023, p. 272)









 12 juin

On prendra soin des malades avant tout et par-dessus tout.
(Règle de Saint Benoît 36,1)



La Règle de Saint Benoît…

RB 9,1-11 (Combien il faut dire de psaumes aux heures de nuit)

¹Au temps d'hiver, dont il a été parlé, on dira d'abord trois fois le verset: « Seigneur, ouvre mes lèvres et ma bouche annoncera ta louange. » ²On ajoutera le psaume trois et le Gloria; ³ensuite le psaume quatre-vingt-quatorze avec antienne, ou, du moins, chanté. ⁴Puis, suivent l'hymne et six psaumes avec antiennes. ⁵Ceci achevé et après le verset, l'abbé donnera la bénédiction. Puis, tous étant assis sur leurs bancs, les frères liront, à tour de rôle, dans le livre de chœur, sur le pupitre, trois leçons. Après chacune d'elles, on chantera un répons. ⁶Les deux premiers répons se diront sans Gloria, mais après la troisième leçon, celui qui chante dira le Gloria. ⁷Au moment où le chantre le commence, tous se lèveront de leurs sièges par honneur et révérence envers la Sainte Trinité. ⁸Aux Vigiles, on lira les livres d'autorité divine tant de l'Ancien que du Nouveau Testament, ainsi que les commentaires qui en ont été donnés par les Pères catholiques qualifiés pour leur orthodoxie. ⁹Après ces trois leçons accompagnés de leurs répons, on chantera six autres psaumes avec Alléluia. ¹⁰Suivront: une leçon de l'Apôtre, qui doit être récitée par cœur, le verset, et la prière de la litanie, c'est-à-dire Kyrie eleison. ¹¹Ainsi se terminera l'office de la nuit.



… pour chaque jour

Ma bouche annoncera votre louange. L’office dépend en grande partie du zèle des moines. Zèle qui s’alimente dans la foi en la présence de Notre-Seigneur parmi nous. Lui en nous, nous en Lui, glorifiant le Père. Nombreuses peuvent être les manifestations de ce zèle : amour du psautier, du chant, des cérémonies. À travers tout cela nous devons tendre à une rencontre personnelle avec Dieu, qu’il s’agisse d’étude ou de chacun de nos gestes… Quant aux distractions, elles sont inévitables. Dans la mesure où elles ne sont pas volontaires, elles donnent à notre prière son caractère de retour incessant à Dieu. Notre attention ne saurait être, ici-bas, fixée en Dieu. Acceptons cette humble stabilité dans la louange qui consiste à revenir toujours humblement et généreusement à Dieu qui, Lui, ne cesse d’être attentif à notre louange. Louons Dieu d’autant plus qu’Il veut faire de grandes choses aujourd’hui par son Église.

Écoute, 1963

(Dom DENIS HUERRE osb [°1915 – 〸2016], Quel est l’homme qui désire voir des jours heureux ? Commentaires de la Règle de saint Benoît, préface du P. Luc Cornuau osb, abbé de la Pierre-qui-Vire, Saint-Léger Éditions, 2023, p. 259-260)









 14 mai

Avant tout, aimer le Seigneur Dieu
de tout son cœur, de toute son âme, de toute sa force.
(Règle de Saint Benoît 4,1)



La Règle de Saint Benoît…

RB 2,23-29 (Les qualités que doit avoir l'abbé)

²³Dans son enseignement, l'abbé doit toujours suivre le modèle que lui donne l'Apôtre quand il dit: « Reprends, supplie, menace. » ²⁴Ainsi doit-il varier sa manière selon les circonstances, mêlant douceurs et menaces, montrant tantôt la sévérité d'un maître, tantôt la tendresse d'un père. ²⁵Ainsi, encore, reprendra-t-il plus durement les indociles et les turbulents; il suppliera de progresser ceux qui sont obéissants, doux et patients; quant aux négligents et aux rebelles, nous l'avertissons de les menacer et de les corriger. ²⁶Qu'il ne ferme pas les yeux sur les péchés des délinquants. Mais qu'il les retranche autant qu'il le pourra, jusque dans les racines, aussitôt qu'il les verra naître, se souvenant du malheur d'Héli, grand-prêtre de Silo. ²⁷Pour ce qui est des âmes plus délicates et intelligentes, il lui suffira de les reprendre une fois ou deux par des admonitions ; ²⁸tandis qu'il doit punir par des verges et autres châtiments corporels les méchants, les opiniâtres, les superbes et les désobéissants, et cela dès qu'ils commenceront à mal faire, sachant qu'il est écrit :  « L'insensé ne se corrige point par des paroles » ; ²⁹et encore: « Frappe des verges ton fils et tu délivreras son âme de la mort. »



… pour chaque jour

Reprends, supplie, réprimande. L’insistance dont doit faire preuve l’abbé auprès des moines, pour les provoquer à la vie sainte, se fonde dans cette conviction de la foi que l’homme peut vraiment être transformé, et qu’il faut l’avertir des possibilités que lui ouvre la grâce, l’inviter, le forcer presque à s’y ouvrir. Et quand on parle de transformation, il faut prendre cela au sens le plus fort du terme. À la Transfiguration, les Apôtres ont vu Moïse et Élie resplendissant de la gloire de Jésus à laquelle ils participaient. Saint Paul nous dit que, par l’opération de la grâce, nous sommes transformés « de clarté en clarté ». Finalement, c’est la gloire de Dieu qui veut se refléter sur notre visage et en toute notre vie, comme elle l’a fait sur le visage du Christ et des saints. On voit alors l’urgence de s’ouvrir à ce désir de Dieu et l’importance de la fonction de l’abbé qui doit seconder l’opération divine. On voit aussi combien la docilité spirituelle est pour le moine l’instrument normal de sa transfiguration en Dieu.

Écoute, 1969

(Dom DENIS HUERRE osb [°1915 – 〸2016], Quel est l’homme qui désire voir des jours heureux ? Commentaires de la Règle de saint Benoît, préface du P. Luc Cornuau osb, abbé de la Pierre-qui-Vire, Saint-Léger Éditions, 2023, p. 93-94)