4 janvier

Chacun doit être traité
selon son âge et son degré d’intelligence.
(Règle de Saint Benoît 30,1)



La Règle de Saint Benoît…

RB Prologue 21-32

²¹Ceignons donc nos reins de la foi et de la pratique des bonnes œuvres; sous la conduite de l'Evangile, avançons dans ses chemins, afin de mériter de voir Celui qui nous a appelés dans son royaume. ²²Si nous voulons habiter dans la demeure de ce royaume, sachons qu'on n'y parvient que si l'on y court par les bonnes actions. ²³Mais interrogeons le Seigneur en lui disant avec le prophète: « Seigneur, qui habitera dans ta demeure? Qui reposera sur ta montagne sainte? » ²⁴Après cette demande, mes frères, écoutons la réponse du Seigneur; il nous montre la route de cette demeure en disant: ²⁵« C'est celui qui marche sans tache et accomplit la justice; ²⁶celui qui dit la vérité du fond de son cœur, qui n'a pas prononcé de parole trompeuse, ²⁷qui n'a pas fait de tort à son prochain, qui n'a pas accueilli des discours injurieux contre lui. » ²⁸C'est celui qui rejette loin des regards de son cœur l'esprit malin qui le tente, et les suggestions qu'il lui souffle, les réduit à rien, saisit les premiers rejetons de la pensée diabolique et les brise contre le Christ. ²⁹Ce sont ceux qui, craignant le Seigneur, ne s'enorgueillissent pas de leur bonne observance, mais qui, reconnaissant que le bien qui se trouve en eux ne peut venir d'eux-mêmes mais du Seigneur, ³⁰glorifient le Seigneur qui agit en eux, et lui disent avec le prophète: « Non pas à nous, Seigneur, non pas à nous, mais à ton nom donne la gloire. » ³¹De même l'apôtre Paul ne s'est rien attribué du succès de sa prédication, mais dit: « C'est par la grâce de Dieu que je suis ce que je suis », ³²et encore: « Que celui qui se glorifie, se glorifie dans le Seigneur. »



… pour chaque jour

Notre vie est réussie pourvu que nous pratiquions ce que nous entendons et chantons. Entendre, c'est ensemencer ; pratiquer, c'est faire porter du fruit à la semence. J'en avais déjà précédemment averti votre charité : n'entrez pas à l'église sans porter du fruit, ce qui arrive lorsque l'on entend des paroles aussi bonnes sans agir bien. Car, ainsi que dit l'Apôtre, c'est par sa grâce que nous sommes sauvés ; cela ne vient pas de nos actes, il n'y a pas de quoi s'en vanter ; oui, c'est par sa grâce que nous sommes sauvés. Cela n'a pas été précédé par une vie méritoire que Dieu aurait aimée, et qui lui aurait fait dire : Venons en aide à ces hommes, car ils mènent une vie excellente.
Notre vie lui déplaisait, tout ce que nous faisions lui déplaisait, mais non pas ce que lui-même a fait en nous. Par conséquent, il condamnera ce que nous avons fait, et il sauvera ce que lui-même a fait.
Donc, nous n'étions pas bons. Et Dieu a eu pitié de nous ; il a envoyé son Fils, qui mourrait non pour des bons mais pour des méchants, non pour des justes mais pour des impies. En effet, le Christ est mort pour des impies. Et quelle est la suite du texte ? Accepter de mourir pour un homme juste, c'est déjà difficile, peut-être donnerait-on sa vie pour un homme de bien. On peut trouver peut-être quelqu'un qui ait le courage de mourir pour un homme de bien. Mais pour un injuste, pour un impie, pour un criminel, qui donc voudrait mourir, sinon le Christ seul, lui qui est tellement juste qu'il justifie même les injustes ?
Nous n'avions donc, mes frères, aucune œuvre bonne ; toutes nos œuvres étaient mauvaises. Alors que les hommes agissaient ainsi, la miséricorde de Dieu ne les a pas abandonnés. Et Dieu a envoyé son Fils pour qu'il nous rachète, non à prix d'or ou d'argent, mais au prix de son sang répandu. Il a été l'agneau sans tache conduit à l'abattoir pour les brebis tachées (si du moins elles étaient seulement tachées et non pas profondément viciées !) Nous avons donc reçu cette grâce. Vivons d'une manière qui en soit digne, pour ne pas lui faire injure. Un si grand médecin est venu à nous, il a fait partir tous nos péchés. Si nous voulons retomber malades, nous nuirons à nous-mêmes, et en outre nous serons ingrats envers le médecin.
Suivons donc ses chemins, ceux qu'il nous a montrés, surtout le chemin d'humilité qu'il est devenu pour nous. En effet, il nous a montré le chemin de l'humilité par ses enseignements, et il l'a réalisé en souffrant pour nous. Le Verbe s'est fait chair et a fait sa demeure parmi nous afin de pouvoir mourir, lui qui ne pouvait pas mourir. L'immortel a adopté la mortalité afin de mourir pour nous et, par sa mort, de tuer notre mort.
Voilà ce que le Seigneur a fait, ce qu'il nous a donné. Grand, il s'est abaissé ; abaissé, il a été tué ; tué, mais aussi ressuscitant et élevé dans les hauteurs, afin de ne pas nous abandonner, morts, au séjour des morts. Il voulait au contraire nous faire monter en lui, lors de la résurrection des morts, nous que, naguère, il a fait monter en nous donnant la foi et la profession de foi qui rendent justes. Donc, il nous a enseigné le chemin de l'abaissement. Si nous gardons ce chemin, nous rendrons grâce au Seigneur, car ce n'est pas sans motif que nous chantons: Nous te rendrons grâce, Seigneur, nous te rendrons grâce, et nous invoquerons ton nom. 

(SAINT AUGUSTIN D’HIPPONE [°354 – 〸430], Sermon sur le Psaume 74)











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