12 janvier

Entendre volontiers les saintes lectures.
(Règle de Saint Benoît 4,55)



La Règle de Saint Benoît…

RB 2,16-22 (Les qualités que doit avoir l'abbé)

¹⁶Que l'abbé ne fasse donc point acception des personnes dans le monastère. ¹⁷Qu'il n'aime point l'un plus que l'autre, si ce n'est celui qu'il trouvera plus avancé dans les bonnes actions et l'obéissance. ¹⁸L'homme libre ne sera pas préféré à celui qui sera venu de l'esclavage, à moins qu'il n'y ait à cela une autre cause raisonnable. ¹⁹Si l'abbé juge, pour un juste motif, pouvoir faire cette distinction, qu'il en use ainsi à l'égard de chacun, de quelque condition qu'il soit; hormis le cas susdit, que chacun garde sa place ! ²⁰Car, libres ou esclaves, nous sommes tous un dans le Christ, et nous portons tous les mêmes armes, au service d'un même Seigneur. Auprès de Dieu, en effet, il n'y a pas acception de personnes. ²¹La seule chose qui nous distingue à ses yeux, c'est le fait d'être plus riche que d'autres en bonnes œuvres et en humilité. ²²L'abbé témoignera donc à tous une égale charité; et il n'y aura pour tous qu'une même discipline, appliquée selon les mérites de chacun.

… pour chaque jour

UN CŒUR UNIVERSEL 

Seul, unique, l’abbé doit pourtant verser dans tous les sens. Se faire universel. Tout recevoir, tout intégrer. Recevoir chacun, intégrer chacun. Tous les frères se valent, non pas dans une sorte de relativisme indifférencié, mais dans cette reconnaissance et ce respect continuels de la particularité de chacun, de sa richesse, de sa dignité d’enfant de Dieu.
Unique, l’abbé se doit ainsi d’être polyvalent, multivalent comme la tolérance. Non pas cumulant plusieurs fonctions, capable de mener plusieurs activités différentes, mais bien plutôt capable de découvrir et de rejoindre les valeurs diverses et différentes qui se cachent dans le cœur des frères. Capable de se découvrir lui-même en chacun d’entre eux.
Tourné vers tous, universel : on ne le devient pas de soi-même. Il faut en chercher le témoignage auprès de Celui pour qui chacun est unique. Ainsi invité à reproduire la manière du Dieu unique mais aussi universel, l’abbé puise dans le Christ l’exemple concret de ce qui ne peut que s’appeler amour. 

(P. NICOLAS DAYEZ osb [°1937 – 〸2021], Commentaire de la Règle de Saint Benoît, Maredsous)









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